En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut, un premier roman où l’amour est folie

En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut
Copyright : Finitude

En attendant Bojangles est le premier roman d’Olivier Bourdeaut. Il paraît au mois de janvier 2016 aux éditions Finitude.

Olivier Bourdeaut est un écrivain français né en 1980. Après de multiples carrières professionnelles, il se consacre à l’écriture. Il essuie d’abord de nombreux refus de publication avec son premier manuscrit. En attendant Bojangles, un texte nouveau, devient son premier roman publié après plus de deux années de tentatives. Ce roman connaît un grand succès auprès du lectorat français.

Le paratexte d’En attendant Bojangles offre un premier regard singulier sur l’ouvrage. La première de couverture laisse d’abord entrevoir un couple dansant, en mouvement, comme en témoigne la chevelure de la femme. La quatrième de couverture évoque ensuite deux êtres amoureux qui rythment leur vie avec les notes de Mr. Bojangles, une chanson interprétée par Nina Simone dans les années 1970. On comprend alors l’importance du titre, et la référence musicale évoque déjà une certaine mélancolie.

Un véritable hymne à l’amour

En attendant Bojangles est un texte en prose, une poésie dans laquelle la folie est douce et tient une place importante. Ses personnages sont empreints d’amour, leurs raisonnements extravagants et leur légèreté face à la réalité de la vie manifeste. Cette nature irrationnelle paraît enviable dans un premier temps : quelle belle façon d’aborder les coups durs, de vivre sans trop se soucier de l’avenir. Mais rapidement, le lecteur déchante, comprend que l’illusion est parfaite, que la réalité est plutôt déconcertante avant de devenir bouleversante.

Olivier Bourdeaut conte cette histoire à travers deux points de vue distincts. Sous le regard enfantin du premier narrateur, on mesure l’importance des moments joyeux mais éphémères que vivent ses parents, et l’on aimerait que la danse dure bien plus que le temps d’une chanson. Le deuxième narrateur n’est autre que le père de cet enfant, un mari empreint d’amour pour sa femme. Ce dernier fait découvrir l’histoire de cette romance idyllique depuis ses premières minutes jusqu’à son actuelle existence.

En attendant Bojangles est un roman d’une douce nostalgie où l’amour est une fantaisie. Il présente par ailleurs en son sein une mise en abyme déconcertante : le plus jeune narrateur tombe sur les carnets de son père qui comportent des pages noircies de la vie de famille atypique qu’ils ont connue. Il décide alors de les faire publier.

J’avais appelé son roman « En attendant Bojangles », parce qu’on l’attendait tout le temps, et je l’avais envoyé à un éditeur. Il m’avait répondu que c’était drôle et bien écrit, que ça n’avait ni queue, ni tête, et que c’était pour ça qu’il voulait l’éditer. Alors, le livre de mon père, avec ses mensonges à l’endroit à l’envers, avait rempli toutes les librairies de la terre entière. Les gens lisaient Bojangles sur la plage, dans leur lit, au bureau, dans le métro, tournaient les pages en sifflotant, ils le posaient sur leur table de nuit, ils dansaient et riaient avec nous, pleuraient avec Maman, mentaient avec Papa et moi, comme si mes parents étaient toujours vivants, c’était vraiment n’importe quoi, parce que la vie c’est souvent comme ça, et c’est très bien ainsi.

Olivier Bourdeaut est en définitive un écrivain dont la plume est frappante. La lecture de ce texte est rapide, son récit aussi pétillant qu’inattendu.

Mr. Bojangles chanté par Nina Simone

Lire ce roman c’est aussi rendre hommage au talent de Nina Simone et sa contribution dans le monde de la musique. Cette chanteuse états-⁠unienne est née à l’aube des années 1930. Nina Simone est une artiste aux multiples talents, capable de jouer du piano, d’écrire des textes somptueux, de créer ses propres arrangements musicaux, et d’interpréter des chansons s’inscrivant dans différents genres tels que le gospel, son premier amour, mais aussi le jazz, le blues, la pop et le R&B. En 1971, l’album Here Comes The Sun de Nina Simone paraît : on y retrouve son interprétation de Mr. Bojangles.

Mr. Bojangles est une chanson originellement écrite et enregistrée par le chanteur de country Jerry Jeff Walker en 1968. Ce titre, au succès international, naît d’une rencontre faite quelques années plus tôt dans une prison de la Nouvelle-Orléans entre le chanteur et un ténébreux alcoolique capable de prouesses chorégraphiques.
Cet homme qui partagera la route carcérale de Jerry Jeff Walker était un talentueux danseur de claquettes qui avait comme pseudonyme « Mr. Bojangles », un sobriquet choisi afin de dissimuler son identité à la police – Mr. Bojangles étant le surnom du célèbre danseur de claquettes Bill Robinson. Les deux hommes partagent leur cellule avec d’autres codétenus quotidiennement, et tour à tour, ils se racontent tous des passages de leur vie. Un jour, à l’énonciation de la perte de son chien, Mr. Bojangles visiblement peiné, s’endurcit et introduit une atmosphère pesante dans leur cellule. Alors à la demande générale, il est invité à égayer de nouveau la pièce, et il s’exécute sur quelques pas de danse : ainsi va la vie.

L’interprétation de Nina Simone de Mr. Bojangles est l’une des plus connues bien que ce titre ait été repris par de nombreux artistes dont Whitney Houston, Robbie Williams, Hugues Aufray en français et Queen Ifrica pour une version reggae.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.