Découverte du Village de la Poterie

Village de la Poterie aux Trois-Ilets
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Le Village de la Poterie se situe sur la route des Trois-Îlets. Ancienne habitation des jésuites, l’Habitation Poterie regroupait autrefois non seulement des activités de poterie, mais également une sucrerie, qui fonctionne certainement dès le XVIIe siècle, avant de se spécialiser progressivement dans la poterie à usages industriel et domestique, pratiquée dès le XVIIIe siècle. Une partie des bâtiments de l’usine date du XIXe siècle, époque de cuisson au four à bois. Des modifications sont apportées au XXe siècle, au gré des innovations technologiques.

Le tout premier bâtiment visible en arrivant dans le Village de la Poterie est le bâtiment ayant abrité le débit de la régie, aussi appelé simplement « boutique de poterie ». À l’origine, cette construction permettait la vente de produits alimentaires en détail. L’appellation débit de régie lui est conférée car les inspecteurs de la régie de l’époque y étaient chargés de contrôler le débit de boissons, notamment des alcools, qui étaient commercialisés.[1] Aujourd’hui, le bâtiment a perdu toutes ces fonctions. Il est presque uniquement décoratif et témoigne des échanges monétaires passés.

Le débit de la régie en entrée du Village de la Poterie

Le village se constitue de nombreuses maisons créoles. Parmi elles, certaines proposent des produits originaux tels que des faces créoles potelées, des masques et des vases en tous genres. Dans les différents ateliers, des personnes travaillent la terre afin de la modeler.

Aujourd’hui, il existe une maison créole singulière intitulée Le Coffret.
Celle-ci fait office de véritable petite boutique. Ses « occupants » créent leurs propres modèles de bijoux et de tableaux.
Il y a au sein du Coffret de jolis ornements (boucles d’oreille, colliers, etc.) réalisés grâce à la technique de fabrication du raku, une technique d’origine coréenne. Cette dernière consiste à enfourner les pièces découpées et travaillées avec la terre dans un four raku aux environs de 1 000 degrés Celsius. Ces pièces sont alors rapidement recouvertes de sciure de bois compactée pour limiter l’apport d’oxygène et faire apparaître les couleurs, les craquelures et l’effet d’enfumage de la terre laissée brute.

Présentoir de la boutique Le Coffret

Plusieurs statues taïnos sont présentes dans l’enceinte du Village de la Poterie. Les Taïnos constituent une ethnie amérindienne appartenant aux Arawaks qui occupait les Grandes Antilles lors de l’arrivée de Christophe Colomb en 1492 sur l’île qu’il baptisera Hispaniola (l’actuelle île comprenant les nations Haïti et République Dominicaine). Les Taïnos étaient animistes et attribuaient donc un esprit aux animaux, aux phénomènes naturels et à la mort. Ces statues représentent les petites idoles avec lesquelles les Taïnos rentraient en contact avec les esprits : les zémis (ou cémis), los cemíes. La langue française contient encore quelques mots d’origine taïno.

Le dernier bâtiment du village est l’ancien bâtiment administratif du hameau. Construit sur le modèle d’une maison de maître, ce bâtiment, selon certaines sources, aurait pu appartenir aux jésuites. Il a abrité au XVIIIe siècle, un relai de poste et les bureaux de la poterie. C’est désormais un atelier artisanal de poterie, une salle d’exposition et de vente. On peut ainsi y acheter des cuillères en paille de coco, des paréos et bien d’autres objets tout aussi exotiques.

Notes    [ + ]

  1. Le Patrimoine des communes de la Martinique, 1998. Charenton-le-Pont : Flohic. Collection « Le patrimoine des communes de France ». ISBN 9782842340322.

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