Une somme humaine de Makenzy Orcel, une langue vivante

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Dans l’œuvre première de sa trilogie livrant le testament émotionnel de femmes mortes, une œuvre intitulée L’Ombre animale, Makenzy Orcel nous évoque subtilement la difficulté de son entreprise littéraire, à savoir la difficulté de trouver les mots justes pour conter la vie et la mort, l’existence et l’essence, d’une personne passée de « l’autre côté ». dans ce dialogue constant avec la mort (ou la vie) une seule question s’impose, comment, avec quels mots raconter la fable de celui ou de celle qui n’est plus, n’a jamais été, quelle place a la mémoire des disparus à côté de celle des vivants[1] L’écrivain choisit pourtant de se prêter à cet exercice singulier d’une façon qui soit hautement littéraire et lui permette d’embrasser les mille … Continuer la lecture de « Une somme humaine de Makenzy Orcel, une langue vivante »

Rentrée littéraire 2022 – Rivages

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La rentrée littéraire 2022 des éditions Rivages propose en lecture des ouvrages d’expressions française, anglaise et espagnole. On y découvre un premier roman, celui d’Amélie Fonlupt. Une rentrée française La rentrée dite française des éditions Rivages permet à ses lecteur·rices de découvrir des trajectoires de vie singulières contées par des plumes de grande littéralité. Ainsi Miguel Bonnefoy raconte dans L’Inventeur la destinée d’Augustin Mouchot, grand innovateur oublié du XIXe siècle ayant « inventé » l’énergie solaire, malheureusement défait par ses contemporains. Amélie Fonlupt relate en La Passagère les mouvements intérieurs d’une protagoniste féminine se questionnant sur son histoire familiale, une histoire bouleversée par l’exil. Makenzy Orcel contemple l’ensemble des expériences d’une femme ayant vécu souffrances, puis fulgurances, dans un ouvrage complétant son œuvre littéraire intitulé Une somme humaine. … Continuer la lecture de « Rentrée littéraire 2022 – Rivages »

L’Ombre animale de Makenzy Orcel, ou la violence d’« ici »

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Dans l’œuvre première de sa trilogie explorant la destinée de femmes mortes, des femmes livrant leur testament émotionnel à qui veut l’entendre, Makenzy Orcel nous invite à découvrir les ténèbres et possibles lumières d’Haïti : L’Ombre animale s’inscrit en effet en ce pays où « la situation empire dans les rues, les gens crient famine, dans le nord comme dans le sud, réclament le départ immédiat du président de la République ». Il convoque de sorte les réflexions crues d’une âme n’ayant jamais eu l’opportunité d’énoncer les mouvements de son être afin d’exposer, par son récit, l’existence d’une terre-soleil impraticable. Son œuvre se révèle ainsi d’une rare violence et d’une sublime irrévérence, et fait montre d’une poésie épousant le réalisme merveilleux cher à la … Continuer la lecture de « L’Ombre animale de Makenzy Orcel, ou la violence d’« ici » »