Rentrée littéraire 2020 – Parutions des éditions Presses de la Cité

Rentrée littéraire 2020 - Presses de la Cité
Copyright : Presses de la Cité

Les éditions Presses de la Cité font appel à deux écrivaines de nationalité états-⁠unienne pour leur rentrée littéraire 2020, Tayari Jones et Dina Nayeri. Ces romancières ont par ailleurs un point commun autre : leur parcours, celui de leurs proches, influence très largement leur écriture.

Un itinéraire de vie formateur

Tayari Jones naît à Atlanta aux États-Unis en 1970. Ses parents, Barbara Ann Posey et Mack Jones, sont tous deux des universitaires distingués ayant participé aux luttes pour les droits civiques des années 1960. Âgée d’une quinzaine d’années, Barbara Posey est la responsable du Conseil des jeunes de l’Association nationale pour la promotion des gens de couleur (NAACP, National Association for the Advancement of Colored People) d’Oklahoma City ; Mack Jones est membre de The Southern University 16, un groupe d’étudiants de Bâton-Rouge en Louisiane ayant été arrêtés, expulsés et interdits de terminer leurs études dans l’État pour avoir organisé des sit-ins contre la ségrégation en 1962.[1] L’écrivaine en devenir grandit ainsi au sein d’un cadre familial dans lequel les discussions sur la race et la diversité sont courantes.[2] Elle reprend à son compte cette conversation en écrivant des histoires sur le quotidien des Afro-Américains aux États-⁠Unis, des histoires particulièrement résonnantes dans le contexte social actuel.

Dina Nayeri naît à Ispahan en Iran en 1979. Elle vit sa petite enfance dans son pays natal, avant d’être obligée de le fuir parmi les siens alors qu’elle n’a que huit ans. Après quelque temps de clandestinité aux Émirats arabes unis et en Italie, Dina Nayeri arrive aux États-Unis âgée d’une dizaine d’années et y vit dans un premier temps en tant que réfugiée détentrice d’un droit d’asile. Elle ne devient citoyenne américaine qu’en 1994. Forte de ce parcours, elle choisit de se donner les moyens de réussir et est subséquemment diplômée de Princeton et Harvard, deux universités prestigieuses nord-américaines : « J’ai développé ce genre de détermination folle pour trouver une place au monde pour moi, pour avoir une sorte de sécurité qui ne pourra pas disparaître en un instant. » (I developed this kind of crazy determination to find a place for myself in the world, to have a kind of security that won’t disappear in an instant[3]).

Une société décryptée

Ces deux écrivaines choisissent ainsi de traiter dans l’ensemble de leur œuvre littéraire d’une part la condition des Noirs aux États-Unis, d’autre part la condition des exilés forcés. Dans le cadre sociétal que nous vivons aujourd’hui, où la discrimination contre les êtres de couleur ou les immigrés persiste, les deux romans proposés par les éditions Presses de la Cité pour leur rentrée littéraire semblent essentiels à la compréhension de certaines problématiques internationales.

Dans Des baisers parfum tabac, Tayari Jones explore la bigamie d’un homme qui passe son temps à dissimuler des parts de ses deux vies. L’intrigue se situe dans la ville d’Atlanta des années 1980 où les deux familles de James Witherspoon vivent, l’une publique, l’autre secrète. En partant de cette histoire atypique, la romancière montre en outre la complexité d’un quotidien dans le Sud des États-Unis, un lieu où – comme d’autres – classe sociale, culture et race définissent les relations humaines.
Dina Nayeri confie au sein de Faiseurs d’histoire le récit intime de sa fuite d’Iran parmi les siens, et juxtapose son vécu à celui connu par d’autres « déracinés ». Elle essaie de rendre compte d’un héritage commun mais bien d’histoires individuelles, où chaque être dont la vie a ainsi été bouleversée réagit différemment vis-à-vis de l’accueil qui lui est réservé une fois arrivé dans le « pays des possibles ».

Deux voix féminines fortes

Les deux premières de couverture proposées par les éditions de Presses de la Cité accentuent encore cette prise de parole de Tayari Jones et Dina Nayeri. Respectivement traduites par Karine Lalechère et Claire-⁠Marie Clévy, les deux femmes lèvent le voile sur les tabous de la société contemporaine.

Découvrez ci-après l’argumentaire de leur roman.
 

Des baisers parfum tabac de Tayari Jones

Des baisers parfum tabac
TitreDes baisers parfum tabac
Titre originalSilver Sparrow
Auteure Tayari Jones
Traductrice Karine Lalechère
Éditeur Presses de la Cité
Date de parution10 septembre 2020
ISBN139782258193680
ISBN102258193680
Prix prévisionnel21,00 €
Nombre de pages376
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Description de l'éditeur

« Je n’étais pas du genre à penser que le sang suffisait à faire de nous des sœurs. Cependant, avoir partagé un père créait un lien qui s’enroulait autour de nos chevilles et ligotait nos poignets. »

« Mon père, James Witherspoon, est bigame. » C’est par cette confession percutante que Dana Lynn Yarboro débute le récit d’une enfance pas comme les autres au sein de la communauté afro-américaine d’Atlanta, dans les années 1980. Bien que née quatre mois avant sa demi-sœur, Chaurisse, Dana est pourtant l’enfant illégitime, fruit d’une union illicite.

L’une est un secret à qui James rend visite une fois par semaine tandis que l’autre mène une vie stable auprès de ses deux parents, inconsciente de son privilège. L’une sait, l’autre pas. Et lorsque leurs chemins respectifs finissent par se croiser, Dana laisse faire et assiste, impuissante, à la naissance d’une amitié pourtant vouée à exploser.

Dans Des baisers parfum tabac, Tayari Jones nous livre la stupéfiante histoire de la mystification d’un homme, de la complicité d’une famille et de deux sœurs perdues au milieu, chacune tentant de trouver sa voie dans un château de cartes bâti sur le mensonge. Mais si la colère, la jalousie et l’amertume hantent ces pages, elles débordent surtout d’amour. Dans ce texte, pas de gagnants, juste des survivants, et un inoubliable et bouleversant portrait de famille se déployant sur trois générations, avec pour toile de fond la lutte pour les droits civiques et l’émancipation des femmes noires dans les États sudistes.

Faiseurs d’histoires de Dina Nayeri

Faiseurs d’histoires
TitreFaiseurs d’histoires
Titre originalThe Ungrateful Refugee
Auteure Dina Nayeri
Traductrice Claire-Marie Clévy
Éditeur Presses de la Cité
Date de parution7 septembre 2020
ISBN139782258193901
ISBN102258193907
Prix prévisionnel21,00 €
Nombre de pages376
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Description de l'éditeur

« Je sais bien pourquoi je suis là – je suis venue parce que le monde est en train de tourner le dos aux réfugiés, parce que l’Amérique n’est plus l’Amérique, et que l’Europe suit le même chemin : ces nations autrefois chrétiennes ont délaissé leur devoir, remplacé par la certitude de leur privilège et un instinct tribal. »

Née en 1979 à Ispahan, Dina Nayeri a vécu une enfance heureuse malgré la rigueur de la société iranienne. Jusqu’au jour où sa mère, convertie au christianisme, est menacée de mort par le régime islamique et fuit le pays avec ses enfants. Pendant deux années difficiles, la famille vit dans la clandestinité à Dubaï puis dans un centre d’accueil pour réfugiés en Italie, avant d’obtenir l’asile aux États-Unis. Dina a 10 ans lorsqu’elle commence une nouvelle vie en Oklahoma. Décidée dès la première heure à gommer son identité iranienne pour s’intégrer, elle entreprend alors une métamorphose douloureuse. Ses efforts acharnés la mènent à Princeton, puis à une brillante carrière et un beau mariage. Mais cette existence finit par lui sembler vide de sens : elle décide alors de tout quitter pour entamer une carrière d’écrivain, refait sa vie à Londres et donne naissance à une petite fille. En 2016, pour mieux comprendre son passé et la crise humanitaire qui se joue aux portes de l’Europe, elle part à la rencontre des réfugiés d’hier et d’aujourd’hui, de la Grèce à l’Angleterre en passant par les Pays-Bas.

Ainsi, au fil des pages, sa voix se mêle à celle des réfugiés dont elle a croisé la route. Il y a Valid et Taraa, partis d’Afghanistan avec leurs enfants pour échapper aux Talibans, Kaweh, un jeune militant kurde devenu avocat en droit d’asile à Londres ou encore Kambiz, désespéré par des années d’errance et de rejet, qui s’immolera par le feu à Amsterdam. Tous ont quitté un pays qu’ils aimaient et affronté de terribles dangers pour rejoindre l’Europe, où ils peinent à survivre dans des camps surpeuplés. Et s’ils parviennent à obtenir l’asile, une autre épreuve commence : il leur faudra apprendre à réconcilier leur ancienne vie et la nouvelle, à s’intégrer sans se perdre tout en faisant face à une société qui ne leur pardonne rien mais attend d’eux une gratitude infinie...

Notes    [ + ]

  1. Nina Subin. Hall of Fame Honorees: Tayari Jones. Août 2018. URL : https://georgiawritershalloffame.org/honorees/tayari-jones
  2. Joe Fassler. Writing a Feminist Novel With a Man’s Point of View in The Atlantic. Mars 2018. URL : https://www.theatlantic.com/entertainment/archive/2018/03/by-heart-tayari-jones/556010/
  3. Alden Mudge. Dina Nayeri: Somewhere safe in a callous world in BookPage. Juillet 2017. URL : https://bookpage.com/interviews/21503-dina-nayeri-fiction

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