Rentrée littéraire 2020 – Parutions des éditions Sabine Wespieser

Rentrée littéraire 2020 - Sabine Wespieser
Copyright : Sabine Wespieser

Sabine Wespieser, dont la maison d’édition porte le même nom, offre en cette rentrée littéraire 2020, sa dix-neuvième rentrée littéraire, deux ouvrages singuliers montrant que la fiction est un véritable outil pour penser (et repenser) le monde. Les deux écrivaines choisies pour ce faire sont Dima Abdallah, libanaise d’expression française qui signe ici son premier roman ; et Diane Meur, auteure belge d’expression française et traductrice de l’allemand vers le français, écrivaine phare de la structure éditoriale.

Une « nécessité narrative »

Dima Abdallah s’inspire de son histoire personnelle pour composer l’intrigue de Mauvaises Herbes, un roman polyphonique qui donne à entendre les voix entremêlées d’une jeune fille et son père. La communication entre les deux n’est pas toujours simple car ils vivent au Liban à l’heure où le pays est en guerre. Le père tente de donner le change, et la jeune fille semble émerveillée par cet homme. Dans l’espoir d’une « vie meilleure », l’adolescente s’envole pour la France, loin de ce père qu’elle admire. La conversation est alors difficile et l’amour passe par le biais de la nature.
Dima Abdallah conte ici le récit difficile de l’exil, de l’enfance trop vite terminée, du départ douloureux vers un autre horizon, un départ dont on ne se remet pas.

Avec Sous le ciel des hommes, Diane Meur explore au moyen d’une structure littéraire ambitieuse la réalité de l’immigration au sein de nos sociétés. Trois temporalités distinctes peuvent de la sorte être recensées : celle montrant la vision d’un migrant, celle d’un journaliste célèbre et celle d’amis anticapitalistes. L’écrivaine emploie ici le procédé de la mise en abyme en rédigeant un essai au sein même de sa narration visant à remettre en cause le système économique et social caractérisé par la propriété privée des moyens de production et la recherche systématique du profit.
Diane Meur propose de ce fait une réflexion intrigante sur ce qui permettrait aux Hommes de vivre en un milieu de la meilleure des manières qu’il soit.

Une rentrée féminine

La rentrée littéraire 2020 des éditions Sabine Wespieser est ainsi entièrement féminine et dévoile la grande richesse des plumes francophones.

Découvrez ci-après l’argumentaire des deux ouvrages.
 

Mauvaises Herbes de Dima Abdallah

Mauvaises Herbes
TitreMauvaises Herbes
Auteure Dima Abdallah
Éditeur Sabine Wespieser
Collection Littérature
Date de parution27 août 2020
ISBN139782848053608
ISBN102848053607
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages240
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Description de l'éditeur

Dehors, le bruit des tirs s’intensifie. Rassemblés dans la cour de l’école, les élèves attendent en larmes l’arrivée de leurs parents. La jeune narratrice de ce saisissant premier chapitre ne pleure pas, elle se réjouit de retrouver avant l’heure « son géant ». La main accrochée à l’un de ses grands doigts, elle est certaine de traverser sans crainte le chaos.

Ne pas se plaindre, cacher sa peur, se taire, quitter à la hâte un appartement pour un autre tout aussi provisoire, l’enfant née à Beyrouth pendant la guerre civile s’y est tôt habituée.

Son père, dont la voix alterne avec la sienne, sait combien, dans cette ville détruite, son pouvoir n’a rien de démesuré. Même s’il essaie de donner le change avec ses blagues et des paradis de verdure tant bien que mal réinventés à chaque déménagement, cet intellectuel – qui a le tort de n’être d’aucune faction ni d’aucun parti – n’a à offrir que son angoisse, sa lucidité et son silence.

L’année des douze ans de sa fille, la famille s’exile sans lui à Paris. Collégienne brillante, jeune femme en rupture de ban, mère à son tour, elle non plus ne se sentira jamais d’aucun groupe, et continuera de se réfugier auprès des arbres, des fleurs et de ses chères adventices, ces mauvaises herbes qu’elle se garde bien d’arracher.

De sa bataille permanente avec la mémoire d’une enfance en ruine, l’auteure de ce beau premier roman rend un compte précis et bouleversant. Ici, la tendresse dit son nom dans une main que l’on serre ou dans un effluve de jasmin, comme autant de petites victoires quotidiennes sur un corps colonisé par le passé.

Sous le ciel des hommes de Diane Meur

Sous le ciel des hommes
TitreSous le ciel des hommes
Auteure Diane Meur
Éditeur Sabine Wespieser
Collection Littérature
Date de parution27 août 2020
ISBN139782848053615
ISBN102848053615
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages360
Liens affiliés leslibraires.ca Acheter sur Les Libraires Amazon Acheter sur Amazon
Description de l'éditeur

Rien ne semble pouvoir troubler le calme du grand-duché d’Éponne. Les accords financiers y décident de la marche du monde, tout y est à sa place, et il est particulièrement difficile pour un étranger récemment arrivé de s’en faire une, dans la capitale proprette plantée au bord d’un lac.

Accueillir chez lui un migrant, et rendre compte de cette expérience, le journaliste vedette Jean-Marc Féron en voit bien l’intérêt : il ne lui reste qu’à choisir le candidat idéal pour que le livre se vende.

Ailleurs en ville, quelques amis se retrouvent pour une nouvelle séance d’écriture collective : le titre seul du pamphlet en cours – Remonter le courant, critique de la déraison capitaliste – sonne comme un pavé dans la mare endormie qu’est le micro-État.

Subtile connaisseuse des méandres de l’esprit humain, Diane Meur dévoile petit à petit la vérité de ces divers personnages, liés par des affinités que, parfois, ils ignorent eux-mêmes. Tandis que la joyeuse bande d’anticapitalistes remonte vaillamment le courant de la domination, l’adorable Hossein va opérer dans la vie de Féron un retournement bouleversant et lourd de conséquences.

C’est aussi que le pamphlet, avec sa charge d’utopie jubilatoire, déborde sur l’intrigue et éclaire le monde qu’elle campe. Il apparaît ainsi au fil des pages que ce grand-duché imaginaire et quelque peu anachronique n’est pas plus irréel que le modèle de société dans lequel nous nous débattons aujourd’hui.

Doublant sa parfaite maîtrise romanesque d’un regard malicieusement critique, Diane Meur excelle à nous interroger : sous ce ciel commun à tous les hommes, l’humanité n’a-t-elle pas, à chaque instant, le choix entre le pire et le meilleur ?

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