Rentrée littéraire 2021 – Grasset

Rentrée littéraire - Grasset
Copyright : Grasset

La rentrée littéraire 2021 des éditions Grasset est riche en termes de thématiques abordées et de genres littéraires incarnés. Elle comprend quatorze ouvrages d’expression française et deux d’expression dite « étrangère », c’est-à-dire non-française ; parmi eux, on découvre en outre cinq premiers romans, ceux de Clara Ysé, Christophe Jamin, Lou Kouche, Katharina Volckmer et Robert Jones, Jr.

Les ouvrages constituant la sélection française des éditions Grasset sont repartis comme suit : deux appartiennent à la « Collection littéraire dirigée par Martine Saada », à savoir la « Collection blanche » de la structure ; dix figurent dans la collection « Littérature française », à savoir la célèbre « Collection jaune » de Grasset ; les deux derniers, sont à paraître dans « Essais français ».

Une rentrée « blanche »

Dans son récit littéraire intitulé La Carte postale, Anne Berest mène l’enquête sur ses origines maternelles à partir d’une intrigante carte postale reçue lors de l’hiver 2003. Sur cette missive anonyme sont inscrits les prénoms des grands-parents de sa mère, ceux aussi de sa tante et son oncle, tous morts à Auschwitz en 1942. En retraçant le destin tragique de sa proche famille, l’écrivaine développe une réflexion étayée sur le sens que l’on donne aujourd’hui au mot « juif ».

Delphine Coulin offre dans son roman intitulé Loin, à l’Ouest la destinée de quatre femmes d’une même famille, une destinée riche en questionnements, empreinte de désirs, laissant aussi une certaine place à l’imaginaire. Ces quatre femmes dont l’histoire est juxtaposée ici sont chacune témoin d’une époque, d’une société qui pose un certain regard sur la gent féminine.

La Carte postale d’Anne Berest

La Carte postale
TitreLa Carte postale
Auteure Anne Berest
Éditeur Grasset
Collection Collection littéraire dirigée par Martine Saada
ISBN139782246820499
ISBN102246820499
Date de parution18 août 2021
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages528
Description de l’éditeur :

C'était en janvier 2003.
Dans notre boîte aux lettres, au milieu des traditionnelles cartes de vœux, se trouvait une carte postale étrange.
Elle n’était pas signée, l’auteur avait voulu rester anonyme.
L’Opéra Garnier d’un côté, et de l’autre, les prénoms des grands-parents de ma mère, de sa tante et son oncle, morts à Auschwitz en 1942.
Vingt ans plus tard, j’ai décidé de savoir qui nous avait envoyé cette carte postale. J’ai mené l’enquête, avec l’aide de ma mère. En explorant toutes les hypothèses qui s’ouvraient à moi. Avec l’aide d’un détective privé, d’un criminologue, j’ai interrogé les habitants du village où ma famille a été arrêtée, j’ai remué ciel et terre. Et j’y suis arrivée.
Cette enquête m’a menée cent ans en arrière. J’ai retracé le destin romanesque des Rabinovitch, leur fuite de Russie, leur voyage en Lettonie puis en Palestine. Et enfin, leur arrivée à Paris, avec la guerre et son désastre.
J’ai essayé de comprendre comment ma grand-mère Myriam fut la seule qui échappa à la déportation. Et éclaircir les mystères qui entouraient ses deux mariages. J’ai dû m’imprégner de l’histoire de mes ancêtres, comme je l’avais fait avec ma sœur Claire pour mon livre précédent, Gabriële.
Ce livre est à la fois une enquête, le roman de mes ancêtres, et une quête initiatique sur la signification du mot « juif » dans une vie laïque.

Loin, à l’Ouest de Delphine Coulin

Loin, à l’Ouest
TitreLoin, à l’Ouest
Auteure Delphine Coulin
Éditeur Grasset
Collection Collection littéraire dirigée par Martine Saada
ISBN139782246824190
ISBN102246824192
Date de parution18 août 2021
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages528
Description de l’éditeur :

« Sans les mauvaises filles, les époques n’avancent pas. Elles sont des pionnières, nécessaires à la marche du monde. »
Loin, à l’Ouest est l’histoire de quatre mauvaises filles. Georges, que sa mère a prénommée ainsi pour qu’elle ait « une vie d’homme », Lucie, sa belle-fille, qu’elle a haïe puis aimée, Solange, sa petite-fille à la beauté singulière, et puis son arrière petite-fille, Octavie, qui tente aujourd’hui de résoudre le « mystère Georges » à l’aide d’Internet.
On y croise aussi Louise Michel, et Calamity Jane.
Avec elles, on traverse plus d’un siècle du point de vue des femmes.
Ces femmes gigognes disent quelque chose de l’existence corsetée qu’on a cherché à leur imposer et du goût de l’imaginaire, seul capable de les sauver. Quel est le poids d’un prénom, d’un nom, d’une famille, d’un livre, sur un destin ? Que choisit-on, que réécrit-on ? A-t-on le droit le réinventer sa vie ?
Raconter leur histoire, leur part de vérité et de réinvention, c’est faire un éloge du mensonge, parce qu’il rend la vie plus belle, et que parfois, il préserve de l’oubli. C’est ériger la fiction en reine, parce qu’elle permet à chacun de faire le récit de sa vie.
Ce livre, cette saga, est avant tout une célébration de l’imaginaire.

Une rentrée française

Dans son récit littéraire intitulé Enfant de salaud, Sorj Chalandon décrit l’enfance d’un narrateur ayant fréquemment ouï parler des exploits de son père, grand Résistant lors de la Seconde Guerre mondiale. Mais il suffit d’un témoignage contraire pour faire éclater une réalité alternative, pour que se révèle à lui un père ayant finalement un terrible passé collaborationniste.

Léonor de Récondo, dont c’est le premier roman publié aux éditions Grasset, conte dans Revenir à toi le destin de Magdalena, actrice reconnue qui décide de mettre entre parenthèses sa carrière pour aller à la rencontre de sa mère. Apollonia a disparu trente années plus tôt, laissant un gouffre béant dans le cœur de sa fille. Leur rencontre pourrait ainsi, peut-être, permettre à Magdalena de panser une blessure encore vive.

Dans son premier roman intitulé Mise à feu, Clara Ysé conte l’histoire de Nine et Gaspard avec un brin de réalisme magique. Ces deux enfants hébergés par leur oncle reçoivent chaque mois une lettre de leur mère qui prétend tout organiser pour leurs retrouvailles. Toutefois le temps passe, rien ne change ; alors souffrant des éclats violents de leur oncle, ils décident, adolescents, de s’enfuir pour retrouver leur mère.

Julien Delmaire relate dans Delta Blues le parcours de deux êtres épris l’un pour l’autre dans le delta du Mississippi au cœur des années 1930. Betty et Steeve sont noirs, jeunes, pauvres, mais animés par la même passion, par le même amour. Au-dehors, le Mississippi s’enflamme, le Ku Klux Klan s’impose en maître et un mystérieux assassin tue la nuit.

Dans S’il n’en reste qu’une, Patrice Franceschi décrit le bouleversement d’une femme à la découverte du parcours de deux combattantes kurdes, Tékochine et Gulistan. Ces dernières, désirant plus que tout vivre libres, évoluant bien malgré elles dans une ville assiégée, se décident un jour une mort inattendue qui provoque une forte réaction parmi leurs pairs. La narratrice de S’il n’en reste qu’une, partie à la rencontre de leurs destinées, ressortira à jamais marquée par ce voyage.

Christophe Jamin entremêle les vies de trois protagonistes singuliers en son premier roman intitulé Passage de l’Union. Le narrateur de son histoire, avocat, doit défendre un homme dont le crime aurait des circonstances atténuantes : la sœur de cet homme disparaît pendant la Seconde Guerre mondiale. Patrick Modiano, assistant au procès, se décide à aider l’avocat à enquêter sur cette mystérieuse disparition, une enquête qui les mène au passage de l’Union.

Dans son premier roman intitulé Rien que le soleil, Lou Kanche traite de désirs, particulièrement de ceux d’une femme en fuite. Norah est professeure dans un lycée où elle s’ennuie, jusqu’à sa rencontre avec l’interdit. Norah découvre bientôt un milieu underground, à la limite de la légalité. Norah fuit finalement vers Alger, à la recherche d’un renouveau. Cette femme que l’on découvre à différentes saisons s’interroge sur ses émotions et son devenir.

Ananda Devi conte dans Le Rire des déesses l’existence difficile de femmes dans une ville pauvre de l’Uttar Pradesh en Inde. Sadhana est une hijra, une femme rejetée par sa communauté parce qu’elle est née dans un corps d’homme. Veena est une prostituée qui n’arrive pas à aimer sa fille Chinti, que Sadhana prend alors sous son aile. Quand un des clients de Veena kidnappe Chinti, les deux femmes partent à sa recherche, décidées à tuer l’homme.

Christophe Donner, dans son récit littéraire intitulé La France goy, un récit que l’on peut de sorte opposé au discours haineux d’Édouard Drumont intitulé La France juive, démêle son histoire familiale atypique, une histoire indéniablement liée à celle de la France. Jean Gosset, son grand-père, engagé dans la Résistance, meurt à trente-quatre ans dans un camp de concentration. Le père de son grand-père, Henri Gosset, aurait pourtant été initié par Léon Daudet lui-même à l’antisémitisme. Deux extrêmes que l’écrivain tente ici de mieux appréhender.

Enfin, dans Le Dernier Tribun, Gilles Martin-⁠Chauffier entraîne ses lecteur.rice.s à Rome, où Cicéron et Clodius se font la guerre, chacun défendant ce en quoi il croit : Cicéron, se présentant comme voix du peuple bien qu’il défende les intérêts de l’aristocratie ; Clodius, élu « tribun du peuple », chargé ainsi de défendre leurs droits et intérêts. Leur lutte va durer dix ans et conduire à la chute de la République ; cette lutte, Metaxas, philosophe grec et proche de Clodius, nous la raconte ici.

Enfant de salaud de Sorj Chalandon

Enfant de salaud
TitreEnfant de salaud
Auteur Sorj Chalandon
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246828150
ISBN102246828155
Date de parution18 août 2021
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages336
Description de l’éditeur :

Depuis l’enfance, une question torture le narrateur :
- Qu’as-tu fait sous l’occupation ?
Mais il n’a jamais osé la poser à son père.
Parce qu’il est imprévisible, ce père. Violent, fantasque. Certains même, le disent fou. Longtemps, il a bercé son fils de ses exploits de Résistant, jusqu’au jour où le grand-père de l’enfant s’est emporté  : « Ton père portait l’uniforme allemand. Tu es un enfant de salaud ! »
En mai 1987, alors que s’ouvre à Lyon le procès du criminel nazi Klaus Barbie, le fils apprend que le dossier judiciaire de son père sommeille aux archives départementales du Nord. Trois ans de la vie d’un « collabo », racontée par les procès-verbaux de police, les interrogatoires de justice, son procès et sa condamnation.
Le narrateur croyait tomber sur la piteuse histoire d’un « Lacombe Lucien » mais il se retrouve face à l’épopée d’un Zelig. L’aventure rocambolesque d’un gamin de 18 ans, sans instruction ni conviction, menteur, faussaire et manipulateur, qui a traversé la guerre comme on joue au petit soldat. Un sale gosse, inconscient du danger, qui a porté cinq uniformes en quatre ans. Quatre fois déserteur de quatre armées différentes. Traître un jour, portant le brassard à croix gammée, puis patriote le lendemain, arborant fièrement la croix de Lorraine.
En décembre 1944, recherché par tous les camps, il a continué de berner la terre entière.
Mais aussi son propre fils, devenu journaliste.
Lorsque Klaus Barbie entre dans le box, ce fils est assis dans les rangs de la presse et son père, attentif au milieu du public.
Ce n’est pas un procès qui vient de s’ouvrir, mais deux. Barbie va devoir répondre de ses crimes. Le père va devoir s’expliquer sur ses mensonges.
Ce roman raconte ces guerres en parallèle.
L’une rapportée par le journaliste, l’autre débusquée par l’enfant de salaud.

Revenir à toi de Léonor de Récondo

Revenir à toi
TitreRevenir à toi
Auteure Léonor de Récondo
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246826828
ISBN102246826829
Date de parution18 août 2021
Prix prévisionnel18,00 €
Nombre de pages180
Description de l’éditeur :

Lorsqu’elle reçoit un message lui annonçant qu’on a retrouvé sa mère, disparue trente ans plus tôt, Magdalena n’hésite pas. Elle prend la route pour le Sud-Ouest, vers la maison éclusière dont on lui a donné l’adresse, en bordure de canal.
Comédienne réputée, elle a vécu toutes ces années sans rien savoir d’Apollonia. Magdalena a incarné des personnages afin de ne pas sombrer, de survivre à l’absence. Dès lors que les retrouvailles avec sa mère approchent, elle est à nu, dépouillée, ouverte à tous les possibles.
Revenir à toi, c’est son voyage vers Apollonia. Un voyage intérieur aussi, vers son enfance, son père, ses grands-parents, ses amours. Un voyage charnel, parenthèse furtive et tendre avec un jeune homme de la région. Lentement se dévoile un secret ancien et douloureux, une omission tacitement transmise.
Revenir à toi, c’est aussi un hommage à Antigone et aux grands mythes littéraires qui nous façonnent. Magdalena a donné vie à des personnages, elle est devenue leur porte-voix. Devant Apollonia, si lointaine et si fragile, sa voix intérieure se fait enfin entendre, inquiète mais déterminée à percer l’énigme de son existence.
En l’espace de quelques jours, dans cette maison délaissée, Magdalena suit un magnifique chemin de réconciliation avec l’autre et avec elle-même. Vie rêvée et vie vécue ne font désormais qu’une.

Mise à feu de Clara Ysé

Mise à feu
TitreMise à feu
Auteure Clara Ysé
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246827603
ISBN102246827604
Date de parution18 août 2021
Prix prévisionnel17,00 €
Nombre de pages200
Description de l’éditeur :

La nuit du réveillon, veille du nouveau millénaire, un incendie ravage la maison où vivent l’Amazone, ses deux enfants Gaspard et Nine, et Nouchka, leur pie.
Scène onirique et mystérieuse traversée par la peur, l’intuition d’un paradis perdu, la fuite.
Le lendemain, la petite Nine, six ans, narratrice du livre, et son frère Gaspard, huit ans, se réveillent chez leur oncle, l’inquiétant Lord. Hébergés pendant huit ans par cet homme menaçant au comportement imprévisible, tour à tour violent et distant, ils reçoivent tous les mois des lettres de l’Amazone qui leur annonce préparer la maison qui les accueillera un jour.
Devenus adolescents, ils nouent des amitiés qui leur permettent de s’évader de la prison du Lord pour fuir vers le Sud et retrouver leur mère. Après une si longue absence, qui retrouveront-ils ? Le rythme du roman s’emballe jusqu’à nous livrer la clé de ce rêve éveillé, qui charme tant par son émotion que par sa puissance d’évocation poétique, musicale, synesthésique.
Ce conte magique et cruel est une féerie moderne qui tient à la fois du roman d’apprentissage et du roman d’aventure.
Il est empreint de réalisme magique (les enfants parlent le langage des oiseaux, Gaspard a des dons et une maturité qui ne sont pas de son âge...) et d’un réalisme cru contemporain (innocence menacée, communautés adolescentes, trafic sur internet...). Cette tension entre les visions imaginaires de l’enfance et la cruauté du monde des adultes est un des moteurs de la narration.
L’alternance du récit, des lettres de la mère et des souvenirs de la vie d’avant, rythme ce premier roman d’une maîtrise exceptionnelle, qui révèle une voix d’écrivaine.

Delta Blues de Julien Delmaire

Delta Blues
TitreDelta Blues
Auteur Julien Delmaire
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246823070
ISBN102246823072
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages496
Description de l’éditeur :

Printemps 1932, dans le delta du Mississippi. Une chaleur suffocante écrase la campagne et menace les récoltes. Un assassin sans visage frappe la nuit, et une injustice sans nom règne le jour. Des croix brûlent sous la lune, les cavaliers fantômes du Ku Klux Klan font régner la terreur et le Mississippi prend les couleurs de l’enfer. Au milieu du désastre, deux amants : Betty et Steve. Ils sont jeunes, Noirs et pauvres, mais persuadés que leur amour les sauvera…
Vaste fresque historique et musicale, aux accents faulknériens, Delta Blues déploie une galerie de personnages : Noirs, Blancs, Indiens et métis, planteurs et bluesmen errants, prêcheurs, sorcières, politiciens véreux, bagnards, trafiquants d’alcool et Legba, le dieu vaudou, « Maître des carrefours » qui, tel un détective d’outre-monde, veille sur le destin de chacun.
Au fil des pages, un monde renaît : le Delta, la terre où naquit le blues, où des femmes et des hommes opprimés trouvèrent les voix qui firent écho à leur humanité.
Inspiré par le réalisme magique, écrit dans une langue vibrante et poétique, Delta Blues est un chant universel, bouleversant.

S’il n’en reste qu’une de Patrice Franceschi

S’il n’en reste qu’une
TitreS’il n’en reste qu’une
Auteur Patrice Franceschi
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246820451
ISBN102246820456
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel19,00 €
Nombre de pages240
Description de l’éditeur :

« Dès le pas de la porte franchi, le souffle de la nuit me prit au visage. Le feuillage des arbres alentour bruissait comme un feu sous les rafales de vent. Des formes indistinctes se redressèrent. L’instant d’après, une colonne se forma sans qu’un seul mot soit prononcé ; je me trouvai derrière ce qui me sembla être une fille à la natte très longue… »
Quelque part dans l’ancienne Mésopotamie, deux femmes poursuivent leur rêve de liberté – quel que soit le prix à payer. C’est le combat de toujours pour le droit de vivre, d’aimer, de partager, dans un monde tragique et sombre, où les hommes se forgent dans la violence et la haine. Elles s’appellent Tékochine et Gulistan et combattent dans un bataillon féminin kurde. Indissolublement liées par la guerre, ces deux sœurs d’armes poursuivent leurs chimères. Rien ne les sépare jusqu’à ce qu’un jour d’automne, dans les décombres d’une ville assiégée, elles choisissent une mort si inconcevable qu’elle frappe les esprits pour toujours.
Leur histoire, devenue légendaire, nous est racontée par une étrangère venue d’Occident, qui découvre la lumière dans un paysage. Sa quête sur les traces de ces deux héroïnes l’entraîne si loin qu’elle s’achève en métamorphose…
S’il n’en reste qu’une est l’histoire de ces trois femmes confrontées au destin et à ce qu’il peut y avoir d’incandescent dans la condition humaine.

Passage de l’Union de Christophe Jamin

Passage de l’Union
TitrePassage de l’Union
Auteur Christophe Jamin
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246826750
ISBN102246826756
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel14,00 €
Nombre de pages140
Description de l’éditeur :

L’ouvrage met principalement en scène trois personnages dont les vies vont être amenées à se croiser : le narrateur, un écrivain, un criminel.
Étudiant durant les années 1980, le narrateur vit dans un studio, que lui a acheté son père, situé passage de l’Union dans le VIIe arrondissement de Paris. Un soir, il se sent observé par quelqu’un dont on comprendra qu’il s’agit de Patrick Modiano. Il le croise à plusieurs reprises, lui parle et commence à lire ses livres. Sans se l’expliquer, il se reconnaît dans son imaginaire romanesque. Néanmoins les années passent, le narrateur devient avocat et les deux hommes se perdent de vue.
Au cours d’un procès d’assises, le narrateur défend un homme dont le crime s’explique par un lointain passé : une sœur ayant disparu durant la Seconde Guerre mondiale dans les mêmes circonstances que la Dora Bruder de Modiano. Il se trouve que l’écrivain assiste au procès et accepte d’aider le narrateur à retrouver la trace de cette mystérieuse sœur…
Cette quête commune amène les deux hommes à basculer dans le Paris les années 40. Ils sont reçus par des individus douteux dans un appartement situé près du studio du passage de l’Union, dont l’écrivain apprend au narrateur qu’il fut, durant la guerre, le siège des sombres trafics d’un ferrailleur de sinistre mémoire, le fameux « Monsieur Joseph »…
Ce roman met en abîme la dette que nous contractons à l’égard d’un passé trouble et tu. Il constitue aussi un hommage à la littérature. Les écrivains ne sont-ils pas des passeurs dont les œuvres nous permettent de répondre aux questions les plus intimes, et parfois les plus douloureuses, que nous nous posons ?

Rien que le soleil de Lou Kanche

Rien que le soleil
TitreRien que le soleil
Auteure Lou Kanche
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246827566
ISBN102246827566
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel18,00 €
Nombre de pages236
Description de l’éditeur :

« La première fois que Sofiane est entré dans ma salle de classe, j’ai tout de suite compris qu'il était maître en son royaume. »

C’est l’hiver. Jeune enseignante mutée à Garges-lès-Gonesse, Norah Baume s'ennuie. Bien sûr, il y a Paul, le chat, le vin, Venise, la peinture et les songes, mais ça n’est pas assez. Alors, au fond de la classe, une perspective : Sofiane, première technologique. Survêtement, beau visage, insolence. Un lien se tisse. Jusqu’au jour où, hantée par le désir de transgression, Norah prend la fuite. C’est le printemps. Sur les quais du Vieux-Port de Marseille, elle croise Freddy, figure de son enfance, et découvre avec lui un univers interlope, des deals, des squats, une jeunesse masculine qui clope sur les plages. Le soleil brûle déjà. C’est bientôt l’été. Norah est seule, elle rêve : sur le pont du ferry pour Alger, la mer s’ouvre, la ville blanche apparaît, ultime ailleurs…

La tentative d’évasion d’une femme en quête d’elle-même, libre et romantique, indécise et passionnée. Dans une langue d’une puissante tension charnelle, Lou Kanche dit l’incertitude de l’époque et de la jeunesse, le vertige de l’impossible, les contradictions entre confort et attrait des lointains. Norah Baume ou la puissance du désir, qui contient toutes les échappées possibles, tous les rêves et toutes les sensations nouvelles.

Le Rire des déesses d’Ananda Devi

Le Rire des déesses
TitreLe Rire des déesses
Auteure Ananda Devi
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246827146
ISBN102246827140
Date de parution1 septembre 2021
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages240
Description de l’éditeur :

Au Nord de l’Inde, dans une ville pauvre de l'Uttar Pradesh, se trouve La Ruelle où travaillent les prostituées. Y vivent Gowri, Kavita, Bholi, ainsi que Veena, et Chinti, sa fille de dix ans. Si Veena ne parvient pas à l'aimer, les femmes du quartier l'ont prise sous leur aile, surtout Sadhana. Elle ne se prostitue pas et habite à l’écart, dans une maison qu’occupent les hijras, ces femmes que la société craint et rejette parce qu’elles sont nées dans des corps d’hommes. Ayant changé de sexe et devenue Guru dans sa communauté, Sadhana veille sur Chinti.
Leurs destins se renversent le jour où l’un des clients de Veena, Shivnath, un swami, un homme de Dieu qui dans son temple aime se faire aduler, tombe amoureux de Chinti et la kidnappe. Persuadé d’avoir trouvé la fille de Kali capable de le rendre divin, il l’emmène en pèlerinage à Bénarès. Comment se douterait-il que sur ses pas, deux représentantes des castes les plus basses, une pute et une hijra, Veena et Sadhana, sont parties pour retrouver Chinti, et le tuer ?
Des bas-fonds de l’Inde où les couleurs des saris trempent dans la misère à sa capitale spirituelle, Ananda Devi nous entraîne dans un roman haletant et riche pour fouiller, à sa manière, les questions brûlantes de notre époque : la place des femmes et des transsexuels, le règne des hommes et la sororité ; les folies de la foi, la pédophilie ; la religion, la colère et l’amour. Avec son style incisif et poétique, elle brise le silence des dieux pour faire entendre et résonner le cri de guerre des femmes – le rire des déesses.

La France goy de Christophe Donner

La France goy
TitreLa France goy
Auteur Christophe Donner
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246817130
ISBN102246817137
Date de parution1 septembre 2021
Prix prévisionnel23,00 €
Nombre de pages512
Description de l’éditeur :

« Trente ans après L’Esprit de vengeance, qui évoquait mes sentiments envers mon grand-père, Jean Gosset, le temps était venu de chercher à savoir pourquoi cet homme s’était engagé dans la Résistance, qui le conduirait au camp de concentration de Neuengamme où il allait mourir. Les réponses, c’était son père qui allait me les fournir. »
C.D.

L’enquête s’emballe quand un trésor est découvert dans les archives familiales : lettres, journaux intimes, articles de presse, manuel d'escrime, de la main d'Henri Gosset, le père de Jean. C’est l'étincelle qui fait exploser le réel, et le romanesque s'impose autour du personnage de Henri et de sa correspondance, qui nous font remonter à la fin du XIXe siècle, jusqu’aux racines de l’antisémitisme français et à son « patient zéro », Édouard Drumont. Si Henri Gosset, en arrivant à Paris, en 1892, à seize ans et demi, n’a pas rencontré l’auteur du best-seller haineux La France juive, il a en revanche très bien connu son disciple et successeur, Léon Daudet, le fils du célèbre écrivain. Léon initie Henri à l’antisémitisme et lui présente le professeur Bérillon, praticien réputé de l’hypnose, fondateur de l’École de psychologie dont Henri devient un des professeurs et son trésorier. Bérillon qui s’illustrera dès 1914 par une pseudo thèse anthropologique sur « la race allemande »... Mais les mauvaises fréquentations d’Henri ne l’empêchent pas de tomber follement amoureux d’une jeune institutrice anarchiste, Marcelle Bernard. De l’union de ces extrêmes naîtra Jean Gosset...

Léon Daudet, Édouard Drumont, Charles Maurras, les leaders anarchistes Gustave Hervé et Almeyreda, Clemenceau, Caillaux, le directeur du Figaro Calmette, Dreyfus, Zola, Jules Bonnot, Jean Jaurès et tant d'autres, c'est une humanité grouillante et furieusement vivante qui habite La France goy. La fresque couvre les deux décennies qui précédent la Première Guerre mondiale. L'époque est féroce, avec ses scandales (Panama), ses campagnes de diffamation contre les Juifs, les capitalistes dénoncés comme espions par L’Action Française, les procès, les grèves, les attentats anarchistes, et les duels au petit matin blême… Au carrefour de tous ces complots, la presse, corrompue par la politique et inversement, la littérature, le théâtre, et même du cinéma puisque c’est de cette tourbe que naîtra le cinéaste Jean Vigo. Avec ce roman, Christophe Donner suggère une histoire de France hantée par une « question juive » qui déterminerait plus que ce qui a été dit. Il découvre à travers la saga familiale une haine des Juifs, ancestrale, qui se réinvente en antisémitisme, se déchaîne, et participe à l’inexorable montée des nationalismes qui entraîneront l’Europe dans la Grande Guerre.

Le Dernier Tribun de Gilles Martin-⁠Chauffier

Le Dernier Tribun
TitreLe Dernier Tribun
Auteur Gilles Martin-Chauffier
Éditeur Grasset
Collection Littérature française
ISBN139782246828686
ISBN102246828686
Date de parution1 septembre 2021
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages336
Description de l’éditeur :

Nous sommes à Rome, juste à l’heure où elle va dominer le monde, au septième siècle, au temps de César.
C’est la capitale du monde, une ville immense et monstrueuse où s’observent et se haïssent Crassus, Cicéron, Catulle, Pompée, César ou Caton.
Spartacus vient d’être tué, Cléopâtre est en ville, l’ambition et la violence sont en ménage, l’art et le sexe s’entendent comme la vis et l’écrou.
Tous les vices qui rendent la vie irrésistible s’épanouissent quand les vertus qui la rendent pénible s’évanouissent.
Cicéron a fait de la morale son fonds de commerce, se présentant comme la voix du peuple alors qu’il est un défenseur acharné du Sénat et des intérêts de l’aristocratie.
Publius Claudius Pulcher, héritier de la famille la plus noble de Rome, se fait adopter par un esclave, change son nom en Clodius, se fait élire tribun de la plèbe et chasse Cicéron de Rome.
Cicéron prend le parti de Pompée, Clodius celui de César. La guerre entre eux dura dix ans et la République n’y survécut pas.
Leur lutte est racontée ici par un philosophe grec, Metaxas, l’ami le plus brillant et le plus sarcastique de Clodius qui le fait venir d’Athènes à Rome pour lui écrire les discours qui lui permettront d’affronter Cicéron à armes égales dans des joutes oratoires où il oppose la démocratie réelle de Clodius à la démocratie formelle de son adversaire.
Metaxas tombe sous le charme de cette ville merveilleuse, accueillante, féminine et effrayante. Puis il va découvrir le sort des capitales qui règnent sur le monde : quand elles n’ont plus d’ennemis étrangers à leur mesure, elles se suicident.
Voici ses Mémoires, qui racontent la chute de la République romaine et la mort de Cicéron.

Des essais français

Dans son essai intitulé Théories de théories, Charles Dantzig emploie une syllepse de sens portant sur le mot « théorie » : il aligne successivement en son texte différentes notions existentielles et crée de sorte, comme le titre de son écrit l’indique, des « théories de théories ». L’écrivain mêle de cette manière évocations culturelles et émotions, connaissances générales et sensibilité accrue au monde.

Dans son essai intitulé Maquillée : Essai sur le monde et ses fards, Daphné B. s’intéresse au rapport qu’elle entretient à la pratique du maquillage. Elle développe, en partant de son expérience personnelle, une réflexion sur l’industrie cosmétique et, de façon plus générale, sur le regard de l’autre dans nos sociétés, le besoin démultiplié de plaire engendré, entre autres, par l’utilisation des réseaux sociaux.

Théories de théories de Charles Dantzig

Théories de théories
TitreThéories de théories
Auteur Charles Dantzig
Éditeur Grasset
Collection Essais français
ISBN139782246827528
ISBN102246827523
Date de parution1 septembre 2021
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages400
Description de l’éditeur :

« Comme certains de mes livres, Théories de théories est une tentative de classement au moyen d’une forme. Son titre s’explique par le double sens du mot “théorie”, c’est-à-dire une proposition générale sur un sujet donné et une succession d’êtres ou de choses à la file. (Quand on dit : il y avait une théorie de chats, cela signifie que plusieurs chats se suivaient les uns derrière les autres.) Il se passe en une journée, à partir du moment où, levé, on s’habille (“théorie des beaux vêtements”), et s’achève à la fin du jour (“théorie du coucher du soleil”). Entre les deux, je propose des théories sur tout ce que l’on appelle la vie, ou du moins la vie comme je l’entends.
On y trouvera une théorie du désir, une théorie de l’amour, une théorie des ponts (si mal en point dans le monde de murs où nous vivons), une théorie des grandes vieilles actrices de théâtre, une théorie des mappemondes, une théorie du temps, une théorie de la couleur marron, une théorie du rire, une théorie du mot fin dans les livres, une théorie des odeurs, une théorie des fleurs coupées, une théorie de l’ombre et une théorie de la lumière, bien d’autres.
Ces théories, pour moi, ressemblent aux bâtons de métal qu’on nous faisait frotter en classe de physique pour attirer la limaille de fer. Elles rassemblent ce qui est épars, à la merci des coutumes, des idées reçues, des superstitions, de l’ignorance, et proposent des interprétations plausibles. Elles ne cherchent pas à être “vraies”. Théories de théories est, en quelque sorte, une boîte à outils.
Je dois ajouter que “théories” ne veut pas dire abstrait. Mes théories, qui sont parfois longues, parfois courtes, le plus souvent des essais, quelquefois des fictions, se fondent sur des observations, des faits historiques, les remarques des auteurs les plus divers de tous les temps et de tous les pays. Des expériences sensibles, aussi. C’est mon livre le plus intime. À la fin, j’espère qu’on en aura retiré une certaine conception du monde, suivant ce que l’on pourrait appeler une pensée moirée, à la façon de la moire du tissu, changeante et variée comme la vie. »
Ch. D.

Maquillée : Essai sur le monde et ses fards de Daphné B.

Maquillée : Essai sur le monde et ses fards
TitreMaquillée : Essai sur le monde et ses fards
Titre originalMaquillée
Auteure Daphné B.
Éditeur Grasset
Collection Essais français
ISBN139782246827917
ISBN102246827914
Date de parution8 septembre 2021
Prix prévisionnel18,00 €
Nombre de pages224
Description de l’éditeur :

Ceci n’est pas un livre sur le maquillage.
C’est un voyage inédit, une plongée dans un univers peu connu, fait de paillettes et de gloss, mais dont les règles et les acteurs, les produits et les valeurs, en disent long sur notre société consumériste et numérique.
Une enquête sur une industrie qui vaut des milliards de dollars et fait rêver des millions d’individus à travers la planète.
Une méditation féministe sur l’un des symboles de ce qu’on dit être « la femme ».
Une réflexion philosophique sur la beauté, le paraître, l’identité.
Un récit personnel où Daphné B. pense en se livrant.
Tout part d’elle, en effet, Daphné B., poète et féministe. Le texte s’ouvre, elle est dans son lit et remplit online son panier Sephora. Elle se demande pourquoi elle dilapide son argent et son temps pour acheter des fards, rouges, poudres. Pourquoi elle se peint le visage ? Pour se cacher ? S’écrire ? Qu’est-ce que le maquillage représente, symboliquement, économiquement, socialement ? Pourquoi le dit-on frivole alors qu’il fait désirer, dépenser ? À mesure qu’elle s’enfonce dans ses recherches Internet et passe d’une fenêtre à une autre (un tutoriel où une influenceuse livre ses secrets de beauté en même temps que ses hontes ; le lancement d’une palette déchainant les passions de milliers de clients ; un reportage sur le Mica, matière première des fards, que des enfants extraient de mines en Inde ; la mise à mort d’une Youtubeuse ; le récit de prisonnières pour qui se maquiller, c’était survivre) elle s’interroge et mêle aux images qu’elle voit ses références – Ovide, Platon, Derrida, Foucault, Anne Carson ou bell hooks - pour penser le maquillage absolument : comme un objet de consommation dont la production détruit la planète et creuse les inégalités. Un paradoxe, artéfact louant la perfection, promu par des êtres se disant authentiques. Le signe d’une soumission aux diktats de la beauté et aux logiques capitalistes. Mais aussi une arme de libération, de résistance, de révolte.
Virtuose, Daphné B. nous emporte dans une Odyssée numérique et poétique pour nous parler de nous, nos fards, nos failles, nos manières de briller. La porte d’entrée, c’est le maquillage, mais le monde derrière, c’est le nôtre.

Une rentrée étrangère

Les ouvrages constituant la sélection « étrangère » de cette rentrée littéraire des éditions Grasset sont au nombre de deux : ils sont à paraître au sein de la collection « En lettres d’ancre ».

Dans son roman intitulé Jewish Cock, Katharina Volckmer, écrivaine née en Allemagne aujourd’hui basée au Royaume-Uni, traduite ici par Pierre Demarty, raconte le rendez-vous d’une jeune femme anonyme dans le cabinet du docteur Seligman. Alors que ce dernier l’ausculte, elle commence à lui raconter sa vie, ses désirs, sa quête d’identité et de plaisir sexuel. Au cours de son monologue insolite, elle évoque aussi la culpabilité d’avoir grandi dans une famille allemande après la Shoah.

Dans Les Prophètes, Robert Jones, Jr., traduit ici par David Fauquemberg, revisite l’Amérique au temps de l’esclavage. Sur la plantation des Halifax vivent des centaines d’esclaves, dont deux jeunes hommes prénommés Isaiah et Samuel. Ces derniers sont chargés de s’occuper des chevaux de la plantation, ce qui leur donne la possibilité de dormir à la grange ; ils sont aussi amants, mais leur relation est difficile, voire impossible, dans le contexte de la plantation.

Jewish Cock de Katharina Volckmer

Jewish Cock
TitreJewish Cock
Titre originalThe Appointment
Auteure Katharina Volckmer
Traducteur Pierre Demarty
Éditeur Grasset
Collection En lettres d’ancre
ISBN139782246823179
ISBN10224682317X
Date de parution18 août 2021
Prix prévisionnel19,00 €
Nombre de pages200
Description de l’éditeur :

Allongée, les jambes écartées, une jeune femme observe le crâne dégarni du Dr Seligman en train de l’ausculter. Elle se lance dans un monologue absolument déjanté et lui parle de ses fantasmes, de ses obsessions, des détails de sa vie sexuelle ainsi que de son histoire familiale. Née en Allemagne, elle a fui ses parents pour s’installer à Londres où elle vit à présent, s’exprimant dans une langue qui n’est pas la sienne et se débattant avec un corps qui l’étouffe un peu plus chaque jour. Au décès de son grand-père, elle réalise qu’elle ne pourra échapper à son héritage et à la culpabilité d’avoir grandi dans une famille allemande après la Shoah. Exilée dans son corps, exilée au Royaume-Uni, elle décide alors de raconter sa transition et de conjurer le silence grâce au rire.
Elle décrit au Dr Seligman sa fascination pour M. Shimada (un créateur japonais de sex-toys), ses séances avec Jason (son psy, aussi incompétent que désespéré lorsqu’il doit sagement écouter les obsessions hitlériennes de sa patiente) et bien sûr sa grande histoire d’amour avec K (un homme marié qui a bouleversé la vie de la jeune femme après leur rencontre dans des toilettes publiques…). Entre la découverte d’écureuils comestibles et l’art du sexe oral, entre une mère envahissante et le pyjama du Führer, elle se débarrasse des conventions pour caresser son rêve le plus fou : retrouver sa liberté – et s’offrir un sexe circoncis.
Déjà culte dans de nombreux pays, Jewish Cock est un roman explosif qui a été applaudi par la critique et les plus grands auteurs contemporains à sa sortie. Dans les pas de Thomas Bernhard, Katharina Volckmer explore la culpabilité allemande, la question du genre, l’asservissement de nos corps et le danger des tabous érigés en barrières morales. Un texte puissant qui annonce la naissance d’une écrivaine majeure.

Les Prophètes de Robert Jones Jr.

Les Prophètes
TitreLes Prophètes
Titre originalThe Prophets
Auteur Robert Jones Jr.
Traducteur David Fauquemberg
Éditeur Grasset
Collection En lettres d’ancre
ISBN139782246826378
ISBN102246826373
Date de parution1 septembre 2021
Prix prévisionnel26,00 €
Nombre de pages512
Description de l’éditeur :

Sur la plantation de Paul et Ruth Halifax dans le Mississippi, des centaines d’esclaves travaillent dans les champs de coton. Les sévices corporels sont quotidiens, et la misère, la règle. Seuls Isaiah et Samuel, deux jeunes esclaves, bénéficient d’un peu d’intimité, car autorisés à dormir dans la grange avec les chevaux dont ils ont la charge. Maggie, qui travaille à la cuisine pour les Halifax, veille sur eux. Comme beaucoup d’autres, elle sait que les deux hommes sont amants.
Ce fragile équilibre est mis à mal quand Amos, un autre esclave, demande à Paul Halifax de lui enseigner les Évangiles, avant de convertir petit à petit les esclaves à sa nouvelle foi. Isaiah et Samuel se retrouvent alors de plus en plus isolés. Le jour où Ruth les accuse de l’avoir provoquée, les deux sont châtiés publiquement. Sous l’autorité de Maggie, un groupe de femmes les soigne en pratiquant des rituels ancestraux, mais leur répit sera de courte durée. Car peu après, leur calvaire prend une tournure inattendue lorsque le jeune Timothy Halifax, de retour du Nord, s’intéresse à eux. Rien ni personne ne semble pouvoir arrêter la tragédie qui s’annonce.
Porté par un souffle lyrique d’une puissance rare, Les Prophètes nous offre une grande fresque historique sur l’esclavage et un grand roman d’amour. Robert Jones,⁠ Jr. a incontestablement réussi son entrée en littérature avec ce roman flamboyant et profondément personnel sur la condition noire et la sexualité ; le livre s’est immédiatement classé dans la liste des best-sellers du New York Times à sa sortie aux États-Unis.

Une nécessité littéraire

Les éditions Grasset nous invite en somme, au cours de cette rentrée littéraire 2021, à la contemplation de destinées extraordinaires, d’êtres en quête d’eux-même placés dans des univers bien précis. On revisite de sorte les grandes périodes de l’Histoire, de l’Antiquité à notre époque contemporaine, en passant par l’esclavage et les bouleversements nombreux du vingtième siècle, entre discrimination raciale et Seconde Guerre mondiale.

Notons en outre la parution à venir au début du mois de septembre d’un ouvrage intitulé Je suis vivante, je suis vivante !, restituant les cinq heures d’échanges entre Marceline Loridan-⁠Ivens et François Busnel, conversation diffusée sur France Inter en 2012.

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