Rentrée littéraire 2021 – Stock

Éditions Stock
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La rentrée littéraire 2021 des éditions Stock se compose d’un ensemble d’ouvrages littéraires par lesquels on revisite l’Histoire et on découvre des intrigues originales. Du côté du domaine étranger, précisément de la collection historique « La Cosmopolite », une parution attendue est prévue, celle de Paolo Cognetti.

Une rentrée française

Dans son roman intitulé Artifices, Claire Berest tient les fils d’une enquête mystérieuse. Son protagoniste principal est un policier suspendu qui évolue tant bien que mal dans un Paris animé d’une étrange atmosphère. Moult événements bouleversent son apparente tranquillité, dont la plupart se produisant dans des musées, alors l’homme choisit de s’aventurer sur les pistes d’une artiste connue sous le nom de « Mila ».

Christophe Boltanski s’intéresse dans Les Vies de Jacob aux « différentes vies », réelles ou rêvées, de Jacob B’rebi. L’écrivain découvre cet homme, illustre inconnu, par hasard dans un album ramassé aux puces : cet album contient en son sein trois cent soixante-neuf clichés tirés dans un Photomaton entre 1973 et 1974, des clichés représentant tous Jacob B’rebi. Une originalité qui ne cessera d’alimenter la curiosité de l’écrivain.

Clara Dupont-Monod raconte au sein de S’adapter l’ébranlement connu par une famille suite à la naissance d’un enfant handicapé. Elle dévoile surtout la complexité des sentiments qui traversent alors les membres de cette famille, particulièrement sa fratrie : ici l’aîné s’attache profondément à son frère, quand la cadette le rejette, fatiguée de l’attention qu’il reçoit.

Dans Bellissima, Simonetta Greggio peaufine son portrait politique et culturel de l’Italie entamé dans ses précédents ouvrages. Elle crée de sorte un parallèle entre les « années sombres » de son pays natal et les « années sombres » qu’elle vit dans son cercle familial : elle explore ainsi à la fois la violence de sa patrie et la violence qui s’est immiscée chez elle, celle qui l’a « poussée » à tout abandonner et partir pour la France.

Dans son récit littéraire intitulé Le Garçon de mon père, Emmanuelle Lambert évoque les souvenirs qu’elle garde de son père, mort d’un cancer un dimanche de septembre 2019. Elle développe en filigrane une réflexion sur le genre, partant d’une observation qui paraît simple : son père aurait sans doute voulu avoir un garçon – ce qui ferait d’elle « le garçon de son père ».

Dans son deuxième roman intitulé La Maison des solitudes, Constance Rivière décrit les émotions d’une jeune femme empêchée de rejoindre sa grand-mère mourante à l’hôpital. Afin de ne pas sombrer dans le désarroi, cette dernière revisite ses souvenirs familiaux heureux, avant de s’arrêter sur le mutisme inébranlable de sa mère. La jeune femme a aujourd’hui besoin de mieux comprendre.

Gwenaëlle Aubry propose dans Saint Phalle : Monter en enfance un récit littéraire retraçant le parcours de Niki de Saint Phalle (1930-2002), célèbre artiste-plasticienne franco-américaine. Elle compose alors un portrait saisissant de cette femme, révélant les violences qu’elle subit enfant et la façon dont elle surmontera adulte son inqualifiable traumatisme par l’art.

Dans Son fils, Justine Lévy donne la voix à la mère d’Antonin Artaud (1896-1948), écrivain français, aussi acteur, dessinateur, poète et grand théoricien du théâtre. Par la voix de cette femme on redécouvre les talents de l’homme, mais on revisite également ses internements répétés en institut psychiatrique où il reçoit des électrochocs.

Dans son récit littéraire intitulé Comme un ciel en nous, un récit publié au sein de la collection « Ma nuit au musée », Jakuta Alikavazovic conte avec sensibilité et émotion la relation qu’elle entretient avec son père ; un père né dans les années 1950 en Yougoslavie, exilé en France « par amour » et « par fuite », qui lui insuffle un certain goût pour l’art.

Artifices de Claire Berest

Artifices
TitreArtifices
Auteure Claire Berest
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234089983
ISBN102234089980
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel20,50 €
Nombre de pages308
Description de l’éditeur :

Abel Bac, flic solitaire et bourru, évolue dans une atmosphère étrange depuis qu’il a été suspendu. Son identité déjà incertaine semble se dissoudre entre cauchemars et déambulations nocturnes dans Paris. Reclus dans son appartement, il n’a plus qu’une préoccupation : sa collection d’orchidées, dont il prend soin chaque jour.
C’est cette errance que vient interrompre Elsa, sa voisine, lorsqu’elle atterrit ivre morte un soir devant sa porte.
C’est cette bulle que vient percer Camille Pierrat, sa collègue, inquiète de son absence inexpliquée.
C’est son fragile équilibre que viennent mettre en péril des événements étranges qui se produisent dans les musées parisiens et qui semblent tous avoir un lien avec Abel.
Pourquoi Abel a-t-il été mis à pied ?
Qui a fait rentrer par effraction un cheval à Beaubourg ?
Qui dépose des exemplaires du Parisien où figure ce même cheval sur le palier d’Abel ?
À quel passé tragique ces étranges coïncidences le renvoient-elles ?
Cette série de perturbations va le mener inexorablement vers Mila. Artiste internationale mystérieuse et anonyme qui enflamme les foules et le milieu de l’art contemporain à coups de performances choc.
Pris dans l’œil du cyclone, le policier déchu mène l’enquête à tâtons, aidé, qu’il le veuille ou non de Camille et d’Elsa.

Le nouveau roman de Claire Berest est une danse éperdue, où les personnages se croisent, se perdent et se retrouvent, dans une enquête haletante qui voit sa résolution comme une gifle.

Les Vies de Jacob de Christophe Boltanski

Les Vies de Jacob
TitreLes Vies de Jacob
Auteur Christophe Boltanski
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234087439
ISBN102234087430
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel19,50 €
Nombre de pages236
Description de l’éditeur :

369. C’est le nombre de Photomatons que Jacob B’rebi a pris de lui-même entre 1973 et 1974. À quoi pouvaient bien servir ces selfies d’avant l’heure qui montrent tantôt un visage troublé, tantôt un rire forcé, qui paraissent si familiers et lointains en même temps ? Sont-ils l’expression d’une coquetterie, d’un humour solitaire ou la clé d’un mystère ?

Lorsque Christophe Boltanski ouvre cet album ramassé aux puces, il est aussitôt aspiré par ces figures sorties d’un conte de Lewis Carroll. L’homme s’est réinventé en de multiples personnages, l’un barbu, l’autre glabre, l’un en uniforme, l’autre en chemisette décontractée. Acteur, steward, espion ? Les détails pourraient devenir des indices – ou des trompe-l’œil. Au dos des clichés, des adresses nourrissent encore l’énigme, de Rome à Bâle, de Marseille à Barbès ; quant aux prénoms ou diminutifs, ils ressemblent à des alias.

Christophe Boltanski veut comprendre qui fut cet homme. Son besoin de savoir le conduit dans des échoppes à l’abandon, des terrains vagues, des docks déserts, des lieux ultra-sécurisés, puis dans les cimetières de Djerba, et enfin en Israël, aux confins du désert du Néguev ou au pied du mont Hermon. Patiemment, l’auteur reconstitue les vies vécues et rêvées de Jacob, où se mêlent paradis perdu, exil, désirs de vengeance, guerres et ambitions artistiques. Peu à peu, la quête s’approche du mythe, celui d’un homme qui recherche une terre pour oublier les arrachements de l’enfance, mêle instinct de fuite et de liberté, dans l’espoir de se réconcilier avec la mort et avec la vie.

Après La Cache qui a reçu le prix Femina et Le Guetteur, Christophe Boltanski élargit son exploration littéraire à un anonyme, si représentatif d’une France prise par les violences de l’Histoire, où l’existence individuelle oscille entre goût du secret et quête de sens. Une épopée contemporaine, où l’émotion saisit le lecteur page à page.

S’adapter de Clara Dupont-⁠Monod

S’adapter
TitreS’adapter
Auteure Clara Dupont-Monod
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234089549
ISBN102234089549
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel19,00 €
Nombre de pages200
Description de l’éditeur :

C’est l’histoire d’un enfant aux yeux noirs qui flottent, et s’échappent dans le vague, un enfant toujours allongé, aux joues douces et rebondies, aux jambes translucides et veinées de bleu, au filet de voix haut, aux pieds recourbés et au palais creux, un bébé éternel, un enfant inadapté qui trace une frontière invisible entre sa famille et les autres. C’est l’histoire de sa place dans la maison cévenole où il naît, au milieu de la nature puissante et des montagnes protectrices ; de sa place dans la fratrie et dans les enfances bouleversées. Celle de l’aîné qui fusionne avec l’enfant, qui, joue contre joue, attentionné et presque siamois, s’y attache, s’y abandonne et s’y perd. Celle de la cadette, en qui s’implante le dégoût et la colère, le rejet de l’enfant qui aspire la joie de ses parents et l’énergie de l’aîné. Celle du petit dernier qui vit dans l’ombre des fantômes familiaux tout en portant la renaissance d’un présent hors de la mémoire.

Comme dans un conte, les pierres de la cour témoignent. Comme dans les contes, la force vient des enfants, de l’amour fou de l’aîné qui protège, de la cadette révoltée qui rejettera le chagrin pour sauver la famille à la dérive. Du dernier qui saura réconcilier les histoires.

La naissance d’un enfant handicapé racontée par sa fratrie.

Un livre magnifique et lumineux.

Bellissima de Simonetta Greggio

Bellissima
TitreBellissima
Auteure Simonetta Greggio
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234078208
ISBN102234078202
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages288
Description de l’éditeur :

« Qu’est-ce qui m’a poussée, jeune fille, à abandonner mes proches, ma maison, ma langue maternelle ?
Pourquoi ai-je laissé derrière moi mes amis, mes petits frères, ma mère, mon pays ?
Qu’est-ce qui fait qu’un homme tendre comme mon père est devenu un monstre, à un moment donné ?
Quel est ce mal qui m’a rongée jusqu’à presque en crever ?
Cela s’appelle Italie : ma douleur, mon amour, ma patrie.
Un pays qui n’a pas fait les comptes avec le fascisme dont il fut l’inventeur.
Un pays comme une famille, plein de secrets – bruyants, destructeurs, meurtriers. »

Après Dolce Vita 1959-1979 et Les Nouveaux Monstres 1978-2014, Simonetta Greggio poursuit son « autobiographie de l’Italie ». Pour la première fois, elle raconte l’histoire de sa famille, de ses parents, et la sienne. À la violence intime répondent les années sombres et rouges de l’Histoire.

Le Garçon de mon père d’Emmanuelle Lambert

Le Garçon de mon père
TitreLe Garçon de mon père
Auteure Emmanuelle Lambert
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234090019
ISBN102234090016
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel18,50 €
Nombre de pages180
Description de l’éditeur :

« Ce livre n’est pas un livre de deuil. Le deuil, c’est après. […] La vivacité du présent. Celle du sentiment. La trace que nous laissons aux autres. Ces particules de temps et d’affection mêlés demeurent en suspens. Ici, ce sont elles qui commandent, et avec elles, le souffle que sa mort m’a laissé au cœur. »

Le récit s’ouvre un dimanche de septembre 2019, un dimanche où le père « concret et nébuleux à la fois » d’Emmanuelle Lambert, se prépare à mourir d’un cancer de l’ampoule, un organe situé à la tête du pancréas.
Et pourtant, ce livre est un livre de vie. C’est que, par une douce ironie des mots, il est à l’image de ce personnage de père à la « chaleur explosive » : « rétif à toute forme de rêverie fatiguée, car dans la fatigue se glisse un effritement possible, une voie pour la douleur et le doute ». Le duo du livre-tombeau et du père illumine tout sur son passage. Il n’y a pas de gris ici, mais les couleurs éclatantes du souvenir, du mange-disques seventies aux yeux de Dalida.

Poignant et solaire, émouvant et lumineux, mélancolique sans le poids du pathos, familial et universel, le récit d’une fille raconte le père : mais le père aurait peut-être voulu un garçon. À l’hyperactif soixante-huitard, au Dieu imprévisible de l’enfance, à l’ex-enfant triste qui joue jusqu’au bout de sa vie y compris en abordant aux rivages de la fin, répond une fille, qui se construit comme une femme. Avec une subtilité infinie, Emmanuelle Lambert traite dans ce livre de bien des thèmes, de l’intime au collectif, du masculin au féminin, et celle que son père, « le grand tonique » surnommait « Dudule », confirme l’écrivain de premier plan qu’elle est devenue.

La Maison des solitudes de Constance Rivière

La Maison des solitudes
TitreLa Maison des solitudes
Auteure Constance Rivière
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234092167
ISBN102234092167
Date de parution25 août 2021
Prix prévisionnel19,50 €
Nombre de pages236
Description de l’éditeur :

« Au jeu des Sept familles, je demande la famille silence. Le grand-père secret. La grand-mère mystère. La mère mutique. Le père motus. La fille bouche cousue. Une seule règle du jeu : pas de question. »

Une jeune femme veut rejoindre sa grand-mère qui vit ses dernières heures à l’hôpital, mais elle en est empêchée. Pour lutter contre cette inhumanité envahissante, elle remonte le fil de la vie. Les souvenirs peuplent sa solitude : la Maison familiale, la lumière chaude de l’enfance, les livres de contes, le marronnier aux branches basses comme des caresses… Et les étreintes de sa grand-mère, qui rayonne de vie.

Pourtant une ombre recouvre le tableau. Sa mère refuse de franchir le seuil de la Maison, le mutisme ne quitte pas un instant cette femme lunaire. « Le soleil a rendez-vous avec la lune, mais la lune n’est pas là… »

Cette rengaine familière, il n’est plus temps de la fredonner lorsque, les années ayant passé, la mort frôle. Les heures, les minutes de vie sont comptées, la jeune femme ressent l’urgence de comprendre. Que s’est-il passé dans la Maison ?

Saint Phalle : Monter en enfance de Gwenaëlle Aubry

Saint Phalle : Monter en enfance
TitreSaint Phalle : Monter en enfance
Auteure Gwenaëlle Aubry
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234088436
ISBN102234088437
Date de parution8 septembre 2021
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages280
Description de l’éditeur :

Redécouvrir Saint Phalle ? C’est partir, avec Gwenaëlle Aubry, explorer un jardin, un ailleurs, où l’adulte annule la distance avec l’enfance, où l’artiste s’exprime de tout son corps, de tout son regard. Cet ailleurs, avec ses sculptures monumentales et miroitantes, se situe à mi-chemin entre Pise et Rome : « Il Giardino dei Tarocchi ». « Le Jardin des Tarots », car la vie est jeu, la vie est pari, elle est une réponse énigmatique et ritualisée aux violences de l’enfance.

Niki de Saint Phalle a été violée par son père à onze ans, pendant « l’été des serpents », et maltraitée par sa mère. De ce saccage inaugural, elle est sortie victorieuse, déterminée à « voler le feu aux hommes » et à « faire la révolte ». Elle a peint à la carabine, créé des Accouchées sanglantes et des Mariées livides, des Nanas bariolées et des Skinnies filiformes, des Black Heroes, des films hallucinés. Avec Jean Tinguely, elle a inventé « 36 000 façons d’être déséquilibrés ». Le Jardin est son Grand Œuvre, son « destin », où rage et rêve se mêlent dans des figures vengeresses mais aussi magiciennes. En les sculptant, elle a rencontré La Force, Le Magicien, Le Soleil, La Papesse, Le Fou, La Mort, Le Monde. Elle a vécu dans L’Impératrice.

Puisque le mystère de la vie est colossal, ses répliques le seront aussi : immenses, à la démesure de l’enfance.

« On dit “tomber en enfance” comme “tomber amoureux” : mais Saint Phalle n’est pas tombée, elle est montée en enfance. Son lourd legs elle l’a, comme on souffle un métal, transmué en légèreté. »

Gwenaëlle Aubry traverse le miroir pour nous montrer cette puissance de vie et de métamorphose à l’œuvre chez une des plus célèbres artistes du XXe siècle. Elle joue au tarot avec Saint Phalle, rebat ses cartes, rencontre les artisans du Jardin qui, jour après jour, lui en livrent les clefs. Avec eux, elle part à la recherche de l’enfance fugitive : « Je suis venue te chercher, tu vois, un peu en retard mais je suis là, allez viens, n’aie pas peur, on va au Jardin. »

Une évocation littéraire menée avec une précision qui le dispute à l’émotion. Un portrait magistralement écrit.

Son fils de Justine Lévy

Son fils
TitreSon fils
Auteure Justine Lévy
Éditeur Stock
Collection La Bleue
ISBN139782234083233
ISBN102234083230
Date de parution8 septembre 2021
Prix prévisionnel19,50 €
Nombre de pages220
Description de l’éditeur :

Un journal imaginaire de la mère d’Antonin Artaud. Sa vie, qu’elle consacre à essayer de sauver son fils, à comprendre son génie et sa folie. Son courage pour essayer de le sortir des différents hôpitaux psychiatriques où il est envoyé et enfermé ; des électrochocs et des drogues qui, pense-t-elle, l’abîment toujours un peu plus.

Comme un ciel en nous de Jakuta Alikavazovic

Comme un ciel en nous
TitreComme un ciel en nous
Auteure Jakuta Alikavazovic
Éditeur Stock
Collection Ma nuit au musée
ISBN139782234088849
ISBN102234088844
Date de parution1 septembre 2021
Prix prévisionnel18,00 €
Nombre de pages152
Description de l’éditeur :

Si l’on s’en tient aux faits, l’auteure passe la nuit du 7 au 8 mars 2020 au musée du Louvre, section des Antiques, salle des Cariatides, avec un sac en bandoulière dans lequel il y a, entre autres, une barre de nougat illicite.

Les faits, heureusement, ne sont rien dans ce livre personnel, original, traversé d’ombres nocturnes et de fantômes du passé, de glissades pieds nus sous la Vénus de Milo, ce livre joyeux et mélancolique, qui précise vite son intention : « Je suis venue ici cette nuit pour redevenir la fille de mon père. »

Quel père, en fait ? Celui, biologique, né en 1951 dans un village du Monténégro, alors une partie de la défunte Yougoslavie, qui vient à Paris par amour, par fuite, pour voir le Louvre, une ville dans la ville, un père qui ne sait pas bien parler le français et voit tout en noir et blanc. Celui, plus probable, le père exilé à qui l’on a dit que « sa fille ne parlera jamais français », l’esthète-pilleur qui se promène l’air de rien avec sa fille Jakuta au Louvre, et lui demande, lui transmet en héritage : « Et toi, comment t’y prendrais-tu pour voler la Joconde ? ». En effet : comment ?

Même si l’auteure exprime que « la honte vous rassemble bien mieux que le reste », il serait aisé, après la lecture, d’affirmer que l’amour, celui réciproque d’un père pour sa fille unique, vous rassemble et vous tient debout. Comme la Vénus de Milo, les siècles durant.

Une rentrée étrangère

Dans son roman intitulé La Félicité du loup, Paolo Cognetti, traduit de l’italien par Anita Rochedy, conte une singulière histoire d’amour se dessinant au cœur des montagnes. Fausto et Silvia se rencontrent dans une petite station de ski italienne. Fausto a quarante ans, est écrivain et est alors séparé de sa femme ; Silvia a vingt-sept ans, est artiste-peintre et rêve de sommets. Peu à peu ces deux âmes se rapprochent. Peu à peu leurs deux corps s’embrasent.

La Félicité du loup de Paolo Cognetti

La Félicité du loup
TitreLa Félicité du loup
Titre originalLa felicità del lupo
Auteur Paolo Cognetti
Traductrice Anita Rochedy
Éditeur Stock
Collection La Cosmopolite
ISBN139782234092273
ISBN102234092272
Date de parution1 septembre 2021
Prix prévisionnel17,50 €
Nombre de pages216
Description de l’éditeur :

Fausto a quarante ans, Silvia en a vingt-sept. Il est écrivain, elle est artiste-peintre. Tous deux sont à la recherche d’un ailleurs, où qu’il soit. Alors que l’hiver s’installe sur la petite station de ski de Fontana Fredda, au cœur du val d’Aoste, ils se rencontrent dans le restaurant d’altitude Le Festin de Babette. Fausto fait office de cuisinier, Silvia, de serveuse. Ils se rapprochent doucement, s’abandonnant petit à petit au corps de l’autre, sans rien se promettre pour autant. Alors qu’arrive le printemps et que la neige commence à fondre, Silvia quitte Fontana Fredda pour aller toujours plus haut, vers le glacier Felik, tandis que Fausto doit redescendre en ville rassembler les morceaux de sa vie antérieure et finaliser son divorce. Mais le désir de montagne, l’amitié des hommes et des femmes qui l’habitent et le souvenir de Silvia sont trop forts pour qu’il résiste longtemps à leur appel.

Après le succès mondial des Huit Montagnes, Paolo Cognetti revient sur ses sommets bien-aimés avec un éblouissant roman d’amour, véritable ode à la montagne tour à tour apaisante, dangereuse, imprévisible et puissante.

Des bouleversements de l’intime

Les éditions Stock offrent en somme une série de publications révélant les bouleversements intimes de protagonistes forts.

À venir…

Deux autres parutions notables sont à venir mi-septembre aux éditions Stock, des ouvrages composés par Rachel Kushner et Ondine Millot.

Dans son recueil d’essais intitulé Les routiers sont sympas, Rachel Kushner, traduite par Emmanuelle Aronson et Philippe Aronson, traite à la fois de thématiques politiques et culturelles, le tout dans un style littéraire se rapprochant de la critique journalistique, du mémoire et de l’exposé artistique.

Dans son récit littéraire intitulé Le Candidat idéal, Ondine Millot tente de comprendre ce qui, en 2015, incite l’avocat Joseph Scipilliti à attenter à la vie de son confrère puis se suicider. Son enquête révélera que les deux hommes ont un parcours pourtant très proche, mais que dans le cas de Scipilliti, le désir de justice mue en un fort sentiment d’iniquité.

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