Rentrée littéraire 2021 – Zulma

Rentrée littéraire 2021 - Zulma
Copyright : Zulma

Les éditions Zulma offrent en cette rentrée littéraire 2021 quatre ouvrages singuliers, les œuvres de Rosa Maria Unda Souki, Pablo Martín Sánchez, Zhang Yueran et René Haddad.

Une rentrée étrangère

Dans son premier roman dessiné, Rosa Maria Unda Souki, artiste peintre aux origines vénézuéliennes basée en France, traduite ici par Margot Nguyen Béraud et elle-même, s’interroge sur son parcours créatif, ce qui lui permet chaque fois de composer des œuvres uniques, vivantes. Elle remonte le temps et investigue ce qui l’a menée notamment sur les traces de Frida Kahlo, artiste à laquelle elle consacre près de cinq années de travail.

En collaboration avec les éditions La Contre Allée, les éditions Zulma proposent en lecture le premier roman de l’oulipien Pablo Martín Sánchez, traducteur du français vers l’espagnol de L’Anomalie d’Hervé Le Tellier. Ce roman, intitulé L’Anarchiste qui s’appelait comme moi et traduit par Jean-⁠Marie Saint-⁠Lu, paraît originellement en 2012 et est resté jusque là inédit en France. Son auteur s’intéresse curieusement à la figure de Pablo Martín Sánchez en son sein, un anarchiste né en 1890, mort en 1924, qui porte donc le même que lui.

Zhang Yueran, auteure d’un roman intitulé Le Clou (Zulma, 2019), traduite ici par Lucie Modde, conte l’histoire de Yu-⁠Ling, une femme manquant d’ambition aussi baby-sitter d’un garçon nommé Dada. N’ayant aucune perspective professionnelle, Yu-⁠Ling organise aux côtés d’un certain M. Courge, le « faux kidnapping » de Dada : ainsi elle pourrait réclamer de l’argent à ses parents fortunés et pourrait, surtout, changer de vie. Mais avant que son plan ne soit mis à exécution, le grand-père et le père de Dada sont arrêtés pour corruption et sa mère disparaît. Elle se retrouve dès lors la gardienne de l’enfant.

Ce que Frida m’a donné de Rosa Maria Unda Souki

Ce que Frida m’a donné
TitreCe que Frida m’a donné
Auteure Rosa Maria Unda Souki
Traductrices Margot Nguyen BéraudRosa Maria Unda Souki
Éditeur Zulma
Collection Littérature
ISBN139791038700512
Date de parution26 août 2021
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages192
Description de l’éditeur :

Dans la chaleur de l’été 2019, Rosa Maria Unda Souki devrait être plongée dans les préparatifs de son exposition à venir. Recluse au Couvent des Récollets, entre vertiges du doute et farouche détermination, elle tarde à rédiger le texte destiné au catalogue, à penser l’agencement des tableaux – toujours en cours d’acheminement depuis le Brésil.

Dans l’attente, elle retrace ce qui l’a menée là. Comment elle a consacré cinq ans à la figure emblématique de Frida Kahlo en peignant sa célèbre Maison bleue, constituant une œuvre picturale d’une richesse saisissante. En quête d’elle-même, Rosa Maria renoue avec une Frida intime, comme si les clés pour se retrouver elle-même étaient aussi celles qui permettent de comprendre Frida. Rosa Maria investit les espaces, présents et passés : l’atelier où elle réside à Paris, le lieu de cette exposition en cours, mais aussi la maison de sa propre enfance à Guama, au Venezuela. Elle cherche à rendre l’écho des voix, celle de son père disparu, celle du pays dont elle s’est exilée, celle de Frida.

Dans un dialogue permanent, superbement illustré de dessins au graphite et des tableaux originaux de l’auteure, Ce que Frida m’a donné nous invite à un troublant voyage, à la fois très personnel et universel, au cœur même du processus créatif, de la construction de la mémoire et de la réconciliation avec soi-même.

L’Anarchiste qui s’appelait comme moi de Pablo Martín Sánchez

L’Anarchiste qui s’appelait comme moi
TitreL’Anarchiste qui s’appelait comme moi
Titre originalEl anarquista que se llamaba como yo
Auteur Pablo Martín Sánchez
Traducteur Jean-Marie Saint-Lu
Éditeur Zulma
Collection Littérature
ISBN139791038700529
Date de parution26 août 2021
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages608
Description de l’éditeur :

Un jour de désœuvrement, Pablo Martín Sánchez tape son nom dans un moteur de recherche. Par le plus grand des hasards, il se découvre un homonyme au passé héroïque : un anarchiste, condamné à mort en 1924. Férocement intrigué, il se pique au jeu de l’investigation et cherche à savoir qui était... Pablo Martín Sánchez le révolutionnaire.

Né en 1890, bambin éveillé battant le pavé des provinces espagnoles, Pablo découvre ébloui sur une place de marché madrilène le cinématographe des frères Lumière. Exilé à Paris, il devient imprimeur typographe dans les faubourgs de Belleville. Ses compatriotes anarchistes ne tardent pas à l’appeler camarade ! et à l’enrôler malgré lui dans leurs actions militantes, persuadés que se fomente en Espagne une révolution pour faire tomber le dictateur Miguel Primo de Rivera.

Happé, l’auteur se fond dans cette destinée tourbillonnante et picaresque, alternant le récit des années 1920 et celui de la jeunesse espagnole de Pablo jusqu’à les faire converger en un dénouement... tragique.

Épique, virevoltant, joyeusement érudit et à l’imagination foisonnante, L’Anarchiste qui s’appelait comme moi dresse le portrait à la fois réaliste et rêvé des utopies montantes du tournant du XXe siècle. Dans l’esprit des grands romans populaires où l’amitié, la trahison, l’amour et la peur sont les rouages invisibles qui font tourner le monde, une comédie humaine exaltante.

L’Hôtel du cygne de Zhang Yueran

L’Hôtel du cygne
TitreL’Hôtel du cygne
Titre original天鹅旅馆
Auteure Zhang Yueran
Traductrice Lucie Modde
Éditeur Zulma
Collection Littérature
ISBN139791038700543
Date de parution2 septembre 2021
Prix prévisionnel17,50 €
Nombre de pages160
Description de l’éditeur :

Venue du lointain Sichuan, Yu-Ling vit à Pékin depuis dix ans déjà, sans guère de perspectives. Elle est la nounou d’un petit garçon charmant mais gâté, Dada, enfant unique de parents souvent absents appartenant à l’élite chinoise.

Fomenté de longue date, le pique-nique au bord du lac est un grand jour pour Dada. Pour Yu-Ling aussi : elle s’est laissé convaincre par son acolyte, le rustre M. Courge, de simuler le kidnapping de l’enfant – pour enfin changer de vie grâce à l’argent de la rançon. Mais une fois les pattes de crabe du Kamtchatka et les brochettes d’ailes de poulet au miel avalées, le plan tombe à l’eau : la radio annonce que le grand-père de Dada a été arrêté pour corruption. Le père est arrêté aussi, la mère disparaît. Entre son attachement pour le jeune garçon, son sens aigu des responsabilités et une sourde révolte, que peut faire Yu-Ling pour reprendre sa destinée en main ?

Derrière les immenses baies vitrées de la villa aseptisée, Dada a inventé un lieu pour accueillir tous ceux qui n’ont pas d’amis, comme lui. Son premier hôte est une oie, sauvée sur la route de l’abattoir, en laquelle Dada voit ni plus ni moins un cygne. Il baptise son arche improvisée sous une tente de camping au milieu du salon « L’Hôtel du Cygne ».

Dans le huis-clos de cette drôle de famille recomposée, Zhang Yueran se joue des impératifs de réussite sociale. Ce portrait tout en nuances des femmes invisibles et magnifiques de la Chine d’aujourd’hui révèle l’étendue de son talent.

Une rentrée française

René Haddad (1949-2015), grand passionné de théâtre, est l’auteur des Aventures d’Ibidem Serpicon, un roman dans lequel il fait part des aventures fantasques de son personnage principal, Ibidem Serpicon, être arpenteur des rues franciliennes, toujours à l’écoute de celles et ceux qui croisent sa route. Ibidem Serpicon réinvente la vie au gré de ses rencontres, quand son auteur réinvente la langue pour déjouer la monotonie linguistique.

Les Aventures d’Ibidem Serpicon de René Haddad

Les Aventures d’Ibidem Serpicon
TitreLes Aventures d’Ibidem Serpicon
Auteur René Haddad
Éditeur Zulma
Collection Littérature
ISBN139791038700574
Date de parution2 septembre 2021
Prix prévisionnel17,50 €
Nombre de pages192
Description de l’éditeur :

« Serpicon voit de drôles de choses dans la ville. À celui qui fait l’étonné, il répond : “Il suffit de regarder.” »

Ibidem Serpicon déambule dans les rues de Paris et sa banlieue, prend les bus de la RATP, s’assoit sur les bancs des squares, et rencontre tout un tas de gens étonnants. Avenants ou méfiants, décalés ou malveillants, ils trouvent toujours chez Ibidem une écoute et une générosité sans fond.

Car quand on est aussi peu en phase avec le monde qui nous entoure, il n’y a guère que deux solutions. Prendre un remède pour voir-la-vie-en-imbécile-heureux. Ou réinventer la réalité quotidienne. Avec un humour détonnant, Ibidem réécrit le monde autour de lui, joue avec les mots, fait de sa vie une fiction ou un feuilleton, et lutte contre une voix off qui le houspille.

À mi-chemin entre le M. Hulot de Tati et le M. Plume de Michaux, Ibidem Serpicon nous invite à changer de regard, à happer la poésie à chaque coin de rue, en attrapant au vol le burlesque de l’existence.

Indissociable de son personnage, René Haddad était cet éternel arpenteur, enfant de Paris et poète drôlatique et sensible. Terriblement attachant.

Une grande diversité littéraire

La rentrée littéraire 2021 des éditions Zulma est ainsi placée sous le signe de la créativité, et regroupe des ouvrages plurigenres, s’amusant des codes linguistiques habituels.

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