Rentrée littéraire 2022 – Fabrique

Copyright : La Fabrique

Les éditions La Fabrique offrent en cette rentrée automnale deux parutions singulières, composées par Paul Rocher et Jean-⁠Christophe Bailly, s’intéressant à des principes contemporains de société, des principes établis peut-être à tort comme « vérités ».

Une rentrée française

Cette rentrée dite française des éditions La Fabrique pose de sorte un regard étayé sur la façon dont la France fonctionne aujourd’hui.

Paul Rocher, économiste, s’interroge sur l’emprise policière en notre territoire. S’inspirant des exemples nord-irlandais et sud-africain, il formule une réflexion sur ce que pourrait accomplir la France sans police. Jean-⁠Christophe Bailly, essayiste et poète, se remémore quant à lui le Paris « tout culturel » des siècles passés à l’occasion d’une promenade en son sein, cette dernière lui permettant de réfléchir à la mainmise capitalistique sur notre époque.

Que fait la police ? : Et comment s’en passer de Paul Rocher

Que fait la police ? : Et comment s’en passer
TitreQue fait la police ? : Et comment s’en passer
Auteur Paul Rocher
ISBN139782358722391
ISBN102358722391
Date de parution9 septembre 2022
Prix prévisionnel14,00 €
Nombre de pages260
Description de l’éditeur :

Omniprésente dans les rues comme dans le débat public, la police soulève davantage de questions qu’elle ne semble pouvoir en résoudre. Devant l’ampleur manifeste des violences policières et leur dénonciation de plus en plus large, les gouvernements et les syndicats policiers nient toute responsabilité et pointent régulièrement un manque de moyens, une surcharge de travail et un « mal-être » policier – tandis qu’une sociologie critique évoque un problème de formation ou l’inadéquation des techniques du maintien de l’ordre. Mais on élude souvent cette interrogation fondamentale : concrètement, que fait la police ? À quel besoin répond-elle ? En mobilisant les études disponibles et en confrontant les chiffres, ce livre réfute les présupposés au fondement du mythe policier d’une institution peut-être imparfaite mais nécessaire au service de toute la société, dont elle ne ferait que refléter les travers. Paul Rocher montre que l’emprise policière n’a fait que croître ses dernières années, alors même que les rapports sociaux se sont globalement pacifiés et que la délinquance est stable depuis des décennies, signalant une réorganisation autoritaire du pays. Plutôt qu’un outil pour lutter contre le crime, la police apparaît alors comme un moyen d’obtenir par la coercition l’assentiment des populations. Loin d’être neutre, elle est garante d’un ordre inégal. Pour le comprendre il faut remonter à l’avènement au XIXe siècle de la police moderne, consubstantiel à la transformation capitaliste de l’économie, au développement du salariat et de la discipline du travail. Dès le départ, elle est organisée pour faire la police des pauvres, des contestataires et des déviants. Si la police génère en son sein des comportements violents, racistes et sexistes, ce n’est donc pas le fait d’un dysfonctionnement mais de sa nature : conçue comme un corps séparé de la société, imperméable aux revendications de justice sociale et d’autant plus fidèle à l’ordre établi, elle recrute des personnalités autoritaires appelées à intervenir par la force dans des situations qui pourraient connaître d’autres issues.

Paris quand même de Jean-⁠Christophe Bailly

Paris quand même
TitreParis quand même
Auteur Jean-Christophe Bailly
ISBN139782358722407
ISBN102358722405
Date de parution15 septembre 2022
Prix prévisionnel13,00 €
Nombre de pages200
Description de l’éditeur :

Qu’est devenue, que devient l’ex « capitale du XIXe siècle » que Walter Benjamin sut reconnaître dans Paris ? N’est-elle plus qu’une ville-musée, doublée d’une ville de pouvoir d’où le peuple est exclu et où les traces de ce qu’elle fut disparaissent ou sont marchandées ? Il y a de ça, hélas, et malgré de nombreuses résistances très inégalement réparties entre les quartiers, la cote d’alerte est souvent dépassée : dans des zones entières la ville ne se reconnaît plus. À l’âge des destructions systématiques a succédé une autre forme d’intervention, plus subtile mais tout aussi efficace, qui consiste à modifier la texture et les contenus de pans entiers de l’être urbain. Au centre presque exact de Paris se trouvait un magasin, La Samaritaine, dont le slogan était qu’on pouvait tout y trouver. Or aujourd’hui ce magasin n’a pas été détruit mais il est transformé en un énorme cartel de marques de luxe doublé d’un hôtel où les chambres les moins chères sont à 1150 euros la nuit. Ce n’est là que l’exemple le plus criant d’une liquidation scandaleuse au terme de laquelle ne resteraient plus de Paris que des souvenirs littéraires. Or la force de cette ville a toujours été de savoir conserver en son sein, fut-ce de façon secrète, non seulement les traces de ce qu’elle a traversé, mais aussi les signes de ce qu’elle a suscité comme espérance. Conçu, à l’instar de ceux d’Éric Hazan, comme une promenade, le livre de Jean-⁠Christophe Bailly se propose de donner un état des lieux, en mêlant à la protestation contre les opérations immobilières du capitalisme le plus éhonté l’évocation de glissades heureusement encore possibles, mais menacées.

Un possible devenir

Ainsi cette rentrée du mois de septembre des éditions La Fabrique propose en lecture des ouvrages invitant tout·e un·e chacun·e à réfléchir la France de demain.

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