Rentrée littéraire 2022 – Fayard/Pauvert

Copyright : Fayard

La rentrée littéraire 2022 des éditions Fayard/Pauvert offre une sélection d’ouvrages de grande diversité. On y retrouve des romans aux genres multiples et des essais de grande littérarité.

Une rentrée française

La rentrée dite française des éditions Fayard invite ses lecteur·rices à découvrir la violence des émotions humaines.

Alexis Anne-⁠⁠Braun conte ainsi l’étrange connexion qui lie une bande de zadistes à une châtelaine le temps de leur projet de sauvetage d’un territoire. Thierry Beinstingel évoque le poids du deuil quand les raisons entourant la mort d’un proche ne sont pas connues, quand une entité exogène au cercle familial est peut-être bien responsable. Blandine Rinkel interroge les rapports compliqués qu’entretiennent une fille et son père, un être définitivement fantaisiste et secret. Aude Walker s’intéresse aux non-dits, à comment la solitude et la douleur peuvent s’entrechoquer de surprenante manière.

Le Grand Contournement d’Alexis Anne-⁠Braun

Le Grand Contournement
TitreLe Grand Contournement
Auteur Alexis Anne-Braun
Éditeur Fayard
Collection Littérature française
ISBN139782213711881
ISBN102213711887
Date de parution17 août 2022
Prix prévisionnel19,00 €
Nombre de pages280
Description de l’éditeur :

Qu’est-ce qui fédère et révèle les cœurs mieux que la lutte ?
Dans la plaine d’Alsace, à quelques dizaines de kilomètres de Strasbourg, Héloïse, vieille châtelaine solitaire qui fume trop, accueille un groupe de zadistes emmenés par l’intraitable Magali. Ensemble, ils veulent sauver un morceau de paysage, quelques arbres, un moulin, menacés par un projet d’autoroute.
À la puissance – la joie, même – qui se dégage d’abord du combat pour un objectif commun, se mêle d’emblée un parfum de donquichottisme. Comme si chacun savait dès le départ comment cette aventure était vouée à finir. Qu’importe. Peut-être s’agit-il moins d’influer, même de façon minime, sur la marche du monde que de saisir la possibilité de se transformer soi-même.
Mais combien de temps peut tenir une ZAD ? Combien de temps dure l’euphorie de vivre dans des cabanes ? Et surtout, combien de temps l’urgence du présent suffit-elle à masquer le passé des uns et des autres – celui-là même dont certains espéraient trouver ici la rédemption ?
Un jour, il faut bien que la fête s’achève. La châtelaine et la militante vont devoir se séparer. Derrière l’amertume, toutefois, demeurera peut-être l’idée qu’il n’est rien de plus puissant que de rêver ensemble.

Dernier travail de Thierry Beinstingel

Dernier travail
TitreDernier travail
Auteur Thierry Beinstingel
Éditeur Fayard
Collection Littérature française
ISBN139782213722450
ISBN102213722455
Date de parution17 août 2022
Prix prévisionnel19,00 €
Nombre de pages256
Description de l’éditeur :

« Travailler, ce n’est pas mettre ses sentiments entre parenthèses, c’est au contraire les éprouver devant autrui, devant la tâche à accomplir, le métier choisi ou subi, c’est vivre simplement et dans la banalité des émotions. »
Ève vient d’obtenir son premier emploi. Malgré ses appréhensions et sa timidité de débutante, elle a le sentiment de rompre avec une adolescence marquée par le chagrin, de sortir d’une sorte de huis-clos dans lequel elle s’était enfermée avec sa mère, à la suite du suicide de son père, une décennie auparavant.
Mais l’entreprise dont la jeune femme est désormais salariée traverse un moment de grandes turbulences. Un procès a lieu, très médiatisé, au sujet d’une vague de suicides survenue il y a quelques années au sein du personnel. Il s’agit de déterminer s’ils sont la tragique conséquence de conditions de travail dégradées et de méthodes de management toujours plus dures.
Proche de la retraite, Vincent a connu ces drames qui, déjà à l’époque, faisaient les gros titres. Mais il se souvient surtout de la période qui a suivi, celle où l’entreprise a voulu se donner une autre image, où de nouvelles valeurs ont été mises à l’honneur, l’« humain », le « bien-être des employés ». Vincent y a-t-il cru de façon un peu trop naïve ? Et si la disparition du père d’Ève avait été le signe annonciateur de cette vague qui déferlerait plus tard ? Vincent aurait-il pu s’en apercevoir ? Agir, intervenir, alerter ?
C’est justement grâce à un coup de pouce de Vincent qu’Ève a décroché son poste. Dans l’entreprise qui aurait tué son père ?

Après Yougoslave, où se déployait sur fond de fresque historique sa capacité à dépeindre des personnages « que la postérité retient, parce qu’ils sont dans des livres qu’on n’oublie pas » (Fabrice Gabriel, Le Monde des livres), Thierry Beinstingel revient avec ce nouveau roman à un thème central dans l’ensemble de son oeuvre. Le travail, le temps et l’énergie qu’il absorbe, le lien forcément subordonné à l’employeur, les rapports hiérarchiques vécus au quotidien: comment tout cela affecte-t-il nos vies ?

Vers la violence de Blandine Rinkel

Vers la violence
TitreVers la violence
Auteure Blandine Rinkel
Éditeur Fayard
Collection Littérature française
ISBN139782213722122
ISBN102213722129
Date de parution17 août 2022
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages380
Description de l’éditeur :

« Il ne m’avait pas légué la douceur, la confiance ni la foi. Cependant, j’héritais de lui les trois choses auxquelles je tenais le plus au monde. J’héritais de lui l’absence, la joie et la violence. »

Plus grand que la vie, Gérard illumine les jours de sa fille, Lou. Fort et fantaisiste, ce baby-boomer aux allures d’ogre ensorcelle tout  : les algues deviennent des messages venus des dieux, ses absences des missions pour les Services Secrets. Mais que fait cette arme dans la table de nuit ? Qui sont ces fantômes d’une famille disparue, apparaissant par intermittence, en creux des conversations ? D’où viennent, surtout, ces accès de cruauté — ceux-là mêmes qui exercent sur sa fille fascination et terreur ?

À travers l’histoire d’une enfance trouble, dans ces paysages de l’Ouest français où la mer et la forêt se confondent, Vers la violence rappelle comment nos héritages nous façonnent, entre chance et malédiction.

Cavales d’Aude Walker

Cavales
TitreCavales
Auteure Aude Walker
Éditeur Fayard
Collection Littérature française
ISBN139782213721484
ISBN102213721483
Date de parution17 août 2022
Prix prévisionnel19,00 €
Nombre de pages280
Description de l’éditeur :

Camille roule sur les routes montagneuses de Californie, au-dessus de la mégalopole. À l’arrière de sa voiture, un enfant qui ne dit rien. À chaque pause, Camille tape frénétiquement sur le clavier de son téléphone pour envoyer de longs mails. À qui ?
Nick a fait l’acquisition d’un mobile-home, est descendu dans le canyon, puis est remonté sur l’autre versant. Là, il s’est installé avec une longue vue pour observer sa propre maison.
Les mails de Camille évoquent son enfance française, son ascendance juive et l’inconcevable.
Les pensées de Nick ressassent ses échecs, sa toxicomanie. Les conséquences de son égoïsme et du fait qu’il préfère désormais les animaux aux êtres humains.
Et comme entre les deux, à l’autre bout de la longue vue, il y a Ella. Désormais seule dans la maison où elle cohabitait naguère avec Nick, dans une sorte de parallélisme, ensemble mais séparés.
Trois destins comme seule l’âpreté de la Californie semble capable d’en produire.
Enfin, bien sûr – c’était écrit –, leur rencontre. Leur collision, plutôt ? Un jour dans sa longue vue, Nick voit un enfant. Puis une femme qu’il ne connaît pas.
Et qui a l’air en fuite.

Mêlant plusieurs gammes littéraires, à la fois roman de l’attente, road movie et livre de mémoire, Cavales mêle aussi plusieurs registres de langue et de narration pour mieux faire apparaître le paradoxe de nos solitudes où les autres tiennent tant de place, la douleur de l’arrachement et l’impossibilité du deuil.

Une rentrée étrangère

Les romans de la rentrée dite étrangère des éditions Fayard ont pour point de commun de présenter une rencontre fracassante entre êtres de différents milieux.

Jenny Erpenbeck, traduite par Claire de Oliveira, confronte en son roman un professeur de lettres à la retraite s’interrogeant sur le sens de l’existence à un groupe de demandeur·ses d’asile venu·es d’Afrique. Amor Towles, traduit par Nathalie Cunnington, conte l’histoire de deux frères qui s’engagent sur la Lincoln Highway en espérant rejoindre la Californie et y retrouver leur mère, un road-trip quelque peu perturbé par l’entremise de deux codétenus.

Je vais, tu vas, ils vont de Jenny Erpenbeck

Je vais, tu vas, ils vont
TitreJe vais, tu vas, ils vont
Titre originalGehen, ging, gegangen
Auteure Jenny Erpenbeck
Traductrice Claire de Oliveira
Éditeur Fayard
Collection Littérature étrangère
ISBN139782213717746
ISBN102213717745
Date de parution24 août 2022
Prix prévisionnel23,00 €
Nombre de pages432
Description de l’éditeur :

Comment supporter le temps qui passe quand on est forcé à l’inactivité ? Comment remplir ses journées ? Que faire quand on ne peut plus exercer le métier qui a donné son sens à notre vie pendant des décennies ? Existons-nous encore quand personne ne nous voit ? Autant de questions que se pose Richard, professeur de lettres classiques fraîchement retraité et totalement désœuvré.
Un jour, en passant sur l’Orianienplatz, à Berlin, il croise par hasard le chemin de demandeurs d’asile et celui lui donne une idée : et s’il trouvait les réponses à ses interrogations là où personne ne songe à les chercher ? Auprès de réfugiés venus d’Afrique qui ont échoué à Berlin et qui, depuis des années, sont condamnés à attendre qu’on les reconnaisse – qu’on les voit tout simplement...

En partant d’un événement qui a fait couler beaucoup d’encre à l’époque – l’évacuation en 2014, après trois ans d’occupation, d’un camp de migrants sur l’Orianienplatz –, Jenny Erpenbeck nous parle, sans fard ni fioritures, de ceux que l’on regarde sans voir, et de ceux devant lesquels on détourne le regard.
Mettant face à face deux réalités en apparence totalement opposées, l’auteure nous montre qu’à des périodes différentes, dans des pays différents, la fuite, la peur, la guerre ainsi que le sentiment d’être apatride peuvent définir le parcours de tout un chacun, quelle que soit son origine.

Lincoln Highway d’Amor Towles

Lincoln Highway
TitreLincoln Highway
Titre originalLincoln Highway
Auteur Amor Towles
Traductrice Nathalie Cunnington
Éditeur Fayard
Collection Littérature étrangère
ISBN139782213721873
ISBN102213721874
Date de parution24 août 2022
Prix prévisionnel25,00 €
Nombre de pages640
Description de l’éditeur :

Juin 1954. Emmett Watson, dix-huit ans, rentre chez lui, dans le Nebraska, après avoir passé quinze mois dans un centre de détention pour mineurs. Il y retrouve Billy, son frère de huit ans. Leur père vient de mourir, leur mère les a abandonnés des années auparavant, et la banque s’apprête à saisir la ferme familiale. Les deux frères doivent partir, mais où aller ? Leur choix se porte sur la Californie : Billy espère y rejoindre leur mère après avoir découvert les cartes postales que celle-ci leur a envoyées tout au long de la Lincoln Highway, route mythique traversant tout le pays qu’elle a empruntée des années plus tôt pour fuir à l’autre bout du pays.
Leur plan est chamboulé lorsque deux codétenus d’Emmett en cavale, le roublard Duchess et son acolyte Woolly, qui semble tombé de la lune, décident de se joindre à eux. À peine le voyage entamé, Duchess et Woolly décampent dans la voiture d’Emmett, emportant le pécule laissé par son père et leurs rêves de vie nouvelle. Les deux frères se lancent alors à leur poursuite.
Tissant avec brio les grands motifs de l’Americana, Amor Towles livre un roman choral aux personnages hauts en couleur et au rythme haletant, une véritable épopée dans la tradition du road novel. Tout au long de l’imprévisible Lincoln Highway, Towles déploie son immense talent de conteur et d’écrivain virtuose pour embarquer le lecteur dans un voyage tourbillonnant.

Une rentrée Pauvert

La rentrée littéraire des éditions Pauvert propose en lecture deux ouvrages singuliers, commentaires d’autres œuvres d’art singulières.

À l’occasion du centenaire de la mort de Proust en ce mois de novembre 2022, Bertrand Leclair célèbre À la recherche du temps perdu dans un essai étayé sur le motif du train en cette œuvre. Leslie Jamison, ici traduite par Nathalie Bru, offre un recueil d’essais détonants sur des curiosités de notre monde, ces curiosités lui donnant l’opportunité d’évoquer les relations humaines de l’ordre du complexe.

Le Train de Proust de Bertrand Leclair

Le Train de Proust
TitreLe Train de Proust
Auteur Bertrand Leclair
Éditeur Pauvert
ISBN139782720215568
ISBN102720215562
Date de parution5 septembre 2022
Prix prévisionnel20,00 €
Nombre de pages320
Description de l’éditeur :

Lire À la recherche du temps perdu pour la première fois, c’est prendre un moyen de transport inconnu pour un voyage d’une longueur peu ordinaire. Certains évoquent un train de souvenirs, d’autres dont je suis témoignent du train de vérités qu’est ce récit initiatique traçant un chemin spirituel vers « la joie du réel retrouvé ». Aux lectures suivantes, c’est en connaissance de cause que le lecteur croit reconnaître les scènes qu’il aime entre toutes comme autant de stations heureuses. Force est pourtant de constater que tout a changé d’être retraversé : les paysages eux-mêmes semblent aussi motivants que le point de vue depuis le train, ce « laboratoire » dont chaque wagon se transforme en une étonnante « chambre magique qui se chargeait d’opérer la transmutation tout autour d’elle ».

Illustration parfaite de la relativité proustienne à l’articulation du temps et de l’espace, le train permet de retraverser La Recherche d’autant mieux qu’il la parcourt incessamment, depuis la toute première page de Du côté de chez Swann envahie par ses sifflements nocturnes jusqu’au Temps retrouvé, où les coups de marteau d’un employé des chemins de fer généreront l’une des réminiscences majeures du bouquet final. Alors le train du souvenir pourra bondir hors du tunnel inerte de la mémoire pour libérer « mille riens de Combray » qui « sautaient légèrement d’eux-mêmes et venaient à la queue leu leu (...) en une chaîne interminable et tremblante de souvenirs », dégageant bientôt cette vérité inédite qui, au sens le plus fort du verbe, anime à jamais La Recherche.

La Baleine solitaire de Leslie Jamison

La Baleine solitaire
TitreLa Baleine solitaire
Titre originalMake It Scream, Make It Burn
Auteure Leslie Jamison
Traductrice Nathalie Bru
Éditeur Pauvert
ISBN139782720215391
ISBN102720215392
Date de parution5 septembre 2022
Prix prévisionnel22,00 €
Nombre de pages336
Description de l’éditeur :

Par quoi sommes-nous hantés ? Qu’est-ce qui nous définit mieux que ce qu’on désire, ce qu’on a perdu, ce vers quoi on tend sans jamais pouvoir l’atteindre vraiment – vies alternatives, relations brisées, morts, paysages habités par l’amour et la violence ?
Après avoir consacré un ouvrage à l’étude de l’empathie (Examens d’empathie, Pauvert, 2016) et un essai aux liens entre écriture et toxicomanie (Récits de la soif, Pauvert, 2021), Leslie Jamison explore dans La Baleine solitaire et autres textes habités les questions du manque et de l’obsession. Parmi les quatorze textes qui composent ce recueil, elle s’intéresse notamment à 52 Blue, un cétácé considéré comme la baleine la plus seule du monde, objet de curiosité et de fascination aux quatre coins du globe ; aux « citoyens » de Second Life, un monde entièrement virtuel ; ou encore à un musée croate unique en son genre, dont la collection est constituée de reliquats de relations brisées.
Leslie Jamison examine ces sujets hétéroclites au miroir de sa propre existence – ce qui la conduit à évoquer son mariage à Las Vegas, sa découverte du rôle de belle-mère, personnage si redouté des contes de fées, ou encore la naissance de son premier enfant. Poursuivant l’ambition de l’ensemble de son œuvre, consistant à explorer les relations humaines en mêlant érudition, esprit critique et empathie, le tout sublimé par une écriture incisive riche de fulgurances, Leslie Jamison livre un recueil de textes kaléidoscopique aussi singulier que fascinant.

Une émotion

Ainsi les œuvres sélectionnées pour cette rentrée littéraire 2022 des éditions Fayard/Pauvert constituent une véritable mosaïque d’émotions vives. On y retrouve du reste une certaine critique de la société dans laquelle on évolue.

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