Salon du Livre 2011, une édition sous le signe de l’outre-mer et du numérique

Salon du livre 2011
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Le Salon du Livre est une manifestation culturelle que l’on retrouve chaque année au cœur de Paris. Elle a lieu généralement à Porte de Versailles. Le Salon du Livre 2011 s’est tenu sous le signe de l’outre-mer.

L’outre-mer à l’honneur

Plusieurs stands ont présenté des ouvrages relatifs aux terres ultramarines françaises, à savoir la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique, Mayotte, la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie, la Réunion et Saint-Pierre-et-Miquelon. Une quantité importante de livres et d’éditeurs représentant ces territoires ont ainsi pu être consultés. Force est de constater qu’il y en avait pour tous les goûts : des livres aux univers graphiques colorés pour les enfants, des recettes traditionnelles pour les gourmands, des romans ou des nouvelles destinés aux personnes de 7 à 77 ans, des partitions de standards créoles pour les mélomanes, des chants traditionnels pour les enfants, etc.

Les organisateurs de cette manifestation littéraire ont également proposé un nombre impressionnant de rencontres : des conférences avec des auteurs originaires des DOM-TOM, des hommages littéraires à Aimé Césaire et Édouard Glissant (décédés respectivement en avril 2008 et en février dernier), des sessions de slam, des découvertes en art contemporain et des lectures musicales. Ces rencontres étaient axées sur les thématiques « Écrire ici, écrire là-bas, écrire ailleurs », « Outre-mer, trois océans de poésie », ou encore « Ces écrivains d’outre-mer qui dépassent les frontières ».

Le créole se positionne peu à peu dans les livres des éditeurs d’expression française. Des maisons d’éditions telles que Caraïbéditions, Ibis Rouge, PLB, Lafontaine, ou encore Au Vent des Îles, proposent de nombreux textes, dictionnaires, bandes dessinées en langue traditionnelle. Des conférences sur la place de la langue créole dans dans l’édition de littérature générale ont été animées. Il est possible de se renseigner sur ce sujet sur le site du ministère de l’Outre-mer.

Un enjeu pour les éditeurs : le tournant du numérique

De nouvelles problématiques émergent pour les éditeurs avec l’arrivée du numérique. Ainsi ces derniers tentent de répondre aux questions suivantes : « Comment passer du livre papier au livre numérique ? » et « Comment d’un point de vue technique obtenir de l’interactivité dans des pages numériques quand une application aujourd’hui se doit d’être multisupports ? ». La conférence Livres illustrés : de la page à l’écran traitait de ces sujets.

Un temps de parole est accordé à Lib’ Éditions (Livre Interactif Belin), une entreprise qui se consacre aux manuels pédagogiques numériques. Il serait intéressant d’observer l’apport du numérique dans l’éducation scolaire. Ce qu’il faut savoir, ce que le manuel numérique est ici un dérivatif du manuel « papier ». Autrement dit, il n’existe pas de manuel numérique sans manuel papier – pas à l’heure actuelle. Le document créé à partir du modèle original est enrichi de cartes interactives, de plugins multimédias (audio et vidéo) et de schémas animés. Tout est mis en œuvre pour garantir la simplicité de l’applicatif. Sylvie Marcé, présidente et directrice générale des éditions Belin, et Sébastien Leplaideur, directeur du développement numérique et responsable éditorial des éditions Belin, ont parlé d’une construction ergonomique du dispositif avant la question de la technicité. L’enjeu pour cette société est de fournir un véritable outil aux professeurs et leurs élèves. En ce qui concerne le domaine technique, l’application qu’ils proposent aujourd’hui utilise la technologie Flash et ils se penchent sur la question de l’adaptabilité du support. Ils nous informent d’ailleurs d’une donnée assez surprenante : dans le département de la Corrèze, un iPad sera fourni par collégien au cours de l’année 2011/2012 (cette information est confirmée par France Soir). Mais aucune réelle solution n’est énoncée à l’heure actuelle.

La conférence Izneo, la BD numérique à portée du clic est présentée par Régis Habert, directeur général d’Izneo, et Amélie Rétorré, directrice du développement d’Izneo. Ce concept de bande dessinée numérique résulte de l’association de huit éditeurs franco-belges – Bamboo, Casterman, Dargaud, Delcourt, Dupuis, Glénat, Lombart et Soleil – alliés afin d’aborder le numérique à travers la bande dessinée. De leur collaboration naît la plateforme Izneo qui propose des bandes dessinées numériques en offre légale. Aujourd’hui ces bandes dessinées sont plus « numérisées » que « numériques ». Comme le soulignait Mme Rétorré, on se trouve généralement face à des fichiers images de grande qualité accompagnés de leurs métadonnées, d’un tri d’accès et de leur liseuse. Cependant, de nouveaux champs d’expérimentation apparaissent : pourquoi ne pas penser à introduire du son ou de la vidéo au cours du temps afin que la bande dessinée numérique ait une sensibilité différente ? Le principal enjeu de cette démarche est donc d’attirer de nouveaux lecteurs. Passer du mode « papier » au monde du numérique implique toute une organisation autour de l’écran (grand écran, smartphone ou tablette), les couleurs utilisées dans les animations et la question de la mémoire. D’un point de vue technique, les professionnels s’interrogent sur l’apport de l’HTML5 face à la question de l’adaptabilité des supports.

Bien que ces conférences aient été intéressantes, aucune solution n’est présentée aujourd’hui comme étant la meilleure. Aussi, dans le cadre de réalisations numériques pour l’édition, et notamment dans la réflexion qui amène à choisir quelle technologie adopter pour un livre numérique, il est nécessaire d’évaluer ce qui se fait aujourd’hui de manière plus globale et d’étudier la faisabilité de la solution envisagée.

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