Héritage de Miguel Bonnefoy, un siècle de migrations

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Miguel Bonnefoy s’intéresse particulièrement aux notions de migration, d’héritage et de transmission dans ses écrits. Il compose à cet égard une œuvre littéraire singulière dans laquelle on retrouve ces thématiques qui lui sont chères : ses deux premiers romans – Le Voyage d’Octavio (Rivages, 2015) et Sucre noir (Rivages, 2017) – illustrent chacun à leur façon la richesse de ses réflexions sur le patrimoine culturel d’un peuple et sa mémoire. L’écrivain poursuit en cette rentrée automnale 2020 ses explorations littéraires à travers l’histoire réinventée de son trisaïeul paternel, tavernier français ayant immigré au Chili en quête de meilleurs lendemains. Héritage constitue de la sorte un roman contemporain, aux multiples « héros » confrontés à l’Histoire. Ce texte, empreint de réalisme magique, est construit à … Continuer la lecture de « Héritage de Miguel Bonnefoy, un siècle de migrations »

Le Tailleur de Relizane d’Olivia Elkaim, une destinée romanesque

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Romancière et journaliste française née en 1976, Olivia Elkaim s’intéresse dans ses écrits à l’intrication des histoires familiales avec les différents épisodes de la Grande Histoire. Dans Le Tailleur de Relizane, paru au sein de la collection « La Bleue » des éditions Stock, elle explore tout particulièrement le destin de ses grands-parents paternels lors de la guerre d’Algérie. Marcel et Viviane Elkaim, ayant ainsi réellement existé, ont dû accepter le grand ébranlement de leur quotidien et puiser en eux la force de se relever dans des conditions hautement difficiles. Fière d’être la dépositaire de leur épopée, Olivia Elkaim s’inspire de leur expérience de vie pour se reconstruire, plonger dans sa propre intimité par le biais de l’écriture. Elle retrace le parcours … Continuer la lecture de « Le Tailleur de Relizane d’Olivia Elkaim, une destinée romanesque »

Chavirer de Lola Lafon, ne plus être en équilibre et basculer…

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Écrivaine et musicienne française née en 1974, Lola Lafon s’intéresse dans ses écrits aux notions de viol et de consentement. Elle explore notamment ces questions dans ses romans Une fièvre impossible à négocier (Flammarion, 2003) et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce (Flammarion, 2011). En cette rentrée automnale 2020, l’écrivaine revient sur le devant de la scène littéraire avec un nouvel ouvrage embrassant ces sujets intitulé Chavirer. Fine connaisseuse des milieux artistiques – elle-même chanteuse et danseuse, de classique et contemporain, depuis son plus jeune âge[1] –, Lola Lafon révèle l’envers des décors pailletés au moyen d’une anti-héroïne victime d’un engrenage inqualifiable. Cette femme, que l’on suit de son adolescence à l’âge mûr, est observée sous le prisme … Continuer la lecture de « Chavirer de Lola Lafon, ne plus être en équilibre et basculer… »

Histoire du fils de Marie-⁠Hélène Lafon, une mosaïque d’émotions

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Écrivaine française née en 1962, Marie-⁠Hélène Lafon compose une œuvre littéraire singulière dont on ne peut nier la littérarité. Cette romancière, nouvelliste et essayiste prête en effet une grande attention à la linguistique et peaufine soigneusement l’esthétique de ses textes. C’est nul doute une des raisons pour lesquelles elle choisit en tant qu’épigraphe de son dixième roman intitulé Histoire du fils une citation de Valère Novarina sur l’écriture comme matière organique, malléable : « Le langage est notre sol, notre chair. Je me représente toujours le chantier comme un creux, une ouverture du sol, et l’avancée d’un texte, sa progression, comme une marche en montagne. » Marie-⁠Hélène Lafon explore dans ce dernier roman les silences et non-dits d’une famille au moyen d’une énonciation fragmentée, mêlant le … Continuer la lecture de « Histoire du fils de Marie-⁠Hélène Lafon, une mosaïque d’émotions »

Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg, ou la futilité de toute chose

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Un jour ce sera vide porte en épigraphe la citation suivante de Nathalie Sarraute : « Ce bruit soudain de l’eau dans ce silence suspendu, ce serait comme un signal […]. »[1] Si Hugo Lindenberg choisit cette phrase tirée du cinquième tableau de Tropismes[2] en tant que paratexte de son roman, c’est qu’elle coïncide parfaitement avec son projet d’écriture. Le primo-⁠romancier crée ici un univers dans lequel de nombreux éléments de ce tableau apparaissent en tant que motifs de son œuvre ; parmi eux, le vide, le silence, le « froid soudain » et les méduses. Il reprend en outre des marqueurs importants du texte de Sarraute au sein de son intrigue, comme la temporalité estivale, ce dégoût indicible provoqué par une manifestation extérieure à soi et la présence … Continuer la lecture de « Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg, ou la futilité de toute chose »