Chavirer de Lola Lafon, ne plus être en équilibre et basculer…

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Lola Lafon s’intéresse dans ses écrits aux notions de viol et de consentement ; elle explore notamment ces questions dans ses romans Une fièvre impossible à négocier[1] et Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce[2]. En cette rentrée automnale 2020, l’écrivaine revient ainsi sur le devant de la scène littéraire avec un nouvel ouvrage embrassant ces sujets intitulé Chavirer. Fine connaisseuse des milieux artistiques – elle-même musicienne, chanteuse et danseuse, de classique et contemporain, depuis son plus jeune âge[3] –, Lola Lafon révèle l’envers des décors pailletés au moyen d’une anti-héroïne victime d’un engrenage inqualifiable. Cette femme, que l’on suit de son adolescence à l’âge mûr, est observée sous le prisme de nombreux autres personnages, des êtres singuliers par lesquels … Continuer la lecture de « Chavirer de Lola Lafon, ne plus être en équilibre et basculer… »

Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg, ou la futilité de toute chose

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Un jour ce sera vide porte en épigraphe la citation suivante de Nathalie Sarraute : « Ce bruit soudain de l’eau dans ce silence suspendu, ce serait comme un signal […]. »[1] Si Hugo Lindenberg choisit cette phrase tirée du cinquième tableau de Tropismes[2] en tant que paratexte de son roman, c’est qu’elle coïncide parfaitement avec son projet d’écriture. Le primo-⁠romancier crée ici un univers dans lequel de nombreux éléments de ce tableau apparaissent en tant que motifs de son œuvre ; parmi eux, le vide, le silence, le « froid soudain » et les méduses. Il reprend en outre des marqueurs importants du texte de Sarraute au sein de son intrigue, comme la temporalité estivale, ce dégoût indicible provoqué par une manifestation extérieure à soi et la présence … Continuer la lecture de « Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg, ou la futilité de toute chose »