Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg, ou la futilité de toute chose

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Un jour ce sera vide porte en épigraphe la citation suivante de Nathalie Sarraute : « Ce bruit soudain de l’eau dans ce silence suspendu, ce serait comme un signal […]. »[1] Si Hugo Lindenberg choisit cette phrase tirée du cinquième tableau de Tropismes[2] en tant que paratexte de son roman, c’est qu’elle coïncide parfaitement avec son projet d’écriture. Le primo-⁠romancier crée ici un univers dans lequel de nombreux éléments de ce tableau apparaissent en tant que motifs de son œuvre ; parmi eux, le vide, le silence, le « froid soudain » et les méduses. Il reprend en outre des marqueurs importants du texte de Sarraute au sein de son intrigue, comme la temporalité estivale, ce dégoût indicible provoqué par une manifestation extérieure à soi et la présence … Continuer la lecture de « Un jour ce sera vide d’Hugo Lindenberg, ou la futilité de toute chose »

Les Funambules de Mohammed Aïssaoui, un équilibre difficile sur le fil ténu de la vie

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De nombreux écrivains puisent leur inspiration dans ce qu’ils ont connu de près. C’est le cas, parmi tant d’autres, de Mohammed Aïssaoui en cette rentrée littéraire 2020. Mohammed Aïssaoui naît et grandit en Algérie. À l’âge de « neuf ans et demi », il quitte son pays natal pour la France afin d’y rejoindre son père, accompagné de sa mère et ses sœurs. Il parle de cette expérience singulière comme d’un « choc » ayant « [fait] sauter [ses] plus beaux souvenirs : ceux de l’enfance insouciante »[1]. Il s’inspire surtout de ce vécu pour construire la psyché du personnage principal des Funambules, texte paru dans la collection « Blanche » des éditions Gallimard. Le romancier s’intéresse particulièrement céans au quotidien difficile des personnes ayant peu de revenus, des … Continuer la lecture de « Les Funambules de Mohammed Aïssaoui, un équilibre difficile sur le fil ténu de la vie »