Le renouveau d’Haïti

Copyright : Steve Bennett

Le 12 janvier 2010, il y a déjà cinq ans, Haïti connaissait l’un des séismes les plus meurtriers de son histoire. Et bien que la population locale continue de se battre quotidiennement pour reconstruire sa vie, le climat traditionnel de ce pays caribéen semble peu à peu refaire surface. C’est dans ce contexte, que bien des efforts de la part du gouvernement haïtien, notamment de la ministre du tourisme Stéphanie Balmyr-Villedrouin, ont été faits pour redorer l’image de cette portion de l’île d’Hispaniola.

L’objectif de tous ces travaux de fond est de permettre à Haïti de retrouver sa place parmi les destinations touristiques très prisées. Ce pari a un enjeu économique important, car ne l’oublions pas, Haïti est le pays le plus pauvre des Amériques, aussi l’un des plus pauvres pays du monde.

Haïti, soul of the Caribbean

Avec ce slogan engagé, le comité de tourisme du pays antillais a souhaité rendre hommage à sa diversité naturelle : vue imprenable sur des citadelles fortifiées, galeries d’art contemporain exceptionnelles, longues plages ensoleillées, concerts d’orchestres d’anthologie, musées culturels sur l’histoire des Antilles, gastronomie locale variée… La croissance économique d’Haïti dépend de sa capacité à attirer des visiteurs : le tourisme se doit donc de donner l’impulsion nécessaire pour permettre à la nation de retomber sur ses pieds après ce séisme dévastateur.

Le spot publicitaire suivant date de 2013, où d’ores-et-déjà, les qualités d’Haïti étaient considérablement mises à l’honneur. On y retrouve de manière suggérée, les plages, les chutes d’eau, la beauté de la nature, les témoignages d’art, les nombreuses peintures, les taxis collectifs colorés, la culture locale, le carnaval et ses costumes, les différentes saveurs gustatives, la musique traditionnelle et l’influence de l’Histoire dans la vie des insulaires.

Des efforts payants

Un peu plus de 26 millions de personnes ont voyagé dans la Caraïbe en 2014 : un nouveau record ! Haïti a aussi connu la fièvre des arrivées d’étrangers se mêlant à la population insulaire. Près de 465 174 touristes ont été comptabilisés en 2014, soit une croissance de 10.8% par rapport à l’année précédente, d’après the Caribbean Tourism Organization.

L’aéroport de Port-au-Prince, aussi appelé aéroport Toussaint Louverture en hommage au précurseur de l’indépendance, avait lui aussi connu quelques dommages en 2010, lors du fameux tremblement de terre. En fin d’année 2012, un nouveau terminal fraîchement reconstruit est inauguré par le président Michel Marthelly. Et bien que des travaux soient toujours en cours de réalisation, aujourd’hui, Port-au-Prince peut largement bénéficier d’arrivées du monde entier, notamment de Cuba, des États-Unis, du Canada, de Guadeloupe, de Saint-Martin, de Martinique, de République Dominicaine, de Guyane, du Panama, de Jamaïque et des Îles Turques-et-Caïques.

It’s a day-to-day battle to change Haiti’s image. But once you experience what it’s really like, you leave with a different perception.

– Stéphanie Balmyr-Villedrouin

Port-et-Prince n’a pas été reconstruite entièrement, mais pourtant la ville a bien repris son activité originale. Les traditionnels taxis collectifs colorés, les taps-taps, sont de nouveau de sortie. La ville est animée de jour comme de nuit : les différentes influences culturelles – espagnoles, caribéennes, africaines, taínos – y contribuent largement. Ici, comme dans beaucoup d’autres endroits aux Antilles, l’art de la fête est spontané et communicatif !

Port-au-Prince est longée par la chaîne montagneuse appelée la Selle, qui regorge de pics pouvant atteindre les deux mille mètres. Ici, un cadre de verdure et de détente règne, bien loin de toute cette fièvre urbaine. Haïti possède de profondes vallées vertes et des pentes abruptes, ainsi que de longues plages au sable blanc bordées d’une mer turquoise et d’hôtels aux allures tropicales.