Sebastian Sturm, son album Get up & Get going

Sebastian Sturm
© Thomas Schermer

J’ai rencontré Sebastian Sturm au mois d’octobre 2011 alors qu’il était en pleine promotion de son nouvel album dans la ville de Paris. Sebastian Sturm est un chanteur de reggae accompli depuis plus de six ans. Il a bouleversé la scène internationale du reggae en 2006 avec son premier album THIS CHANGE IS NICE écrit en collaboration avec le Jin Jin Band. Aujourd’hui, il revient avec GET UP & GET GOING, un troisième album travaillé en collaboration avec le groupe Exile Airline. Vous trouverez donc le compte-rendu intégral de cette rencontre ci-dessous.

Quand la musique est-elle devenue ton principal centre d’intérêt ?

La musique a toujours fait partie de ma vie. Je suis vraiment né dans cet univers et j’ai commencé à jouer de la guitare vers l’âge de sept ou huit ans. Je me suis découvert une passion pour cet instrument vers l’âge de dix ans. Mais c’est bien plus tard que j’ai commencé à jouer du reggae et du roots, vers l’âge de dix-neuf ans je dirais : j’ai réellement été touché par la musique de Bob Marley.

Avant que tu n’entres dans l’optique de jouer du reggae, comment as-tu compris que tu devais chanter ?

J’ai commencé le chant en même temps que la guitare. Très vite, je me suis senti attiré par le monde de la musique. J’avais pour habitude de jouer dans différents groupes avant que le reggae ne vienne bouleverser ma vie. Dès lors, je me suis complètement inspiré des chansons de Bob Marley. Je n’ai jamais fait d’école de chant, alors je me demandais constamment comment il arrivait à manier sa voix comme bon lui semblait. Aujourd’hui, chanter c’est ma passion.

Tu as d’ailleurs souvent été comparé à Bob Marley par la presse. Penses-tu que cela t’auras permis d’avancer dans ta carrière, ou qu’au contraire cela te positionne dans son ombre ?

Oh non! Je pense que toutes les personnes qui écoutent du reggae adoreraient marcher sur les traces de Bob Marley et être dans son ombre. A mon avis, ce n’est pas quelque chose de négatif : c’est plutôt un compliment ! Bob Marley, c’est vraiment le chanteur qui m’aura amené dans le monde du reggae. Et maintenant que j’en fais aussi et que j’essaie d’en vivre, je suis heureux que l’on puisse me comparer à l’illustre homme qu’il était.

Et quand tu étais jeune, il y a-t-il d’autres musiciens qui t’ont influencé ?

Quand j’étais jeune, j’étais un grand fan de Nirvana et de NOFX. J’adorais la musique provenant de San Francisco ou Seattle. C’est bien plus tard que la musique jamaïcaine est entrée dans ma vie.

Pour la réalisation de ton nouvel album GET UP & GET GOING, tu as travaillé avec le groupe Exline Airline. Quand et comment cette aventure a-t-elle commencé ?

Eh bien, ça a commencé l’an dernier, alors que je quittais mon ancien groupe, le Jin Jin Band. Nous voulions enregistrer un troisième album ensemble dans un premier temps. Mais nous avions différents points de vue sur la manière de réaliser celui-ci. Après cinq ans ensemble, nous sommes restés en très bons termes. C’est juste qu’en studio, je me suis senti prêt à franchir cette troisième étape, en travaillant davantage sur moi-même et en rencontrant d’autres personnes. Et donc, j’ai commencé à travailler avec Philip Breidenbach. Il s’agit du producteur de l’album, il en est à ses débuts. En l’espace de quelques mois, nous sommes parvenus à enregistrer cet album. C’est vraiment une nouvelle et superbe expérience pour moi d’avoir la chance de travailler avec ces personnes, que l’on puisse arriver à produire quelque chose de bon ensemble.

Qu’est-ce-que cette collaboration a donc apporté de plus à l’album ?

Ils m’ont apporté diverses influences. Il faut savoir que dans le groupe, je suis le seul à vraiment écouter du reggae du matin au soir. Les autres gars ont d’autres univers musicaux. Cela m’aura permis de m’ouvrir et d’essayer de mieux appréhender les goûts et les attentes des gens face à ce nouvel album. L’idée était de faire ces personnes partager un intérêt commun vers ma musique, et ce, malgré leurs différentes orientations et influences. Bien évidemment, on a travaillé sur la base du reggae, mais cela m’aura permis d’expérimenter de nouveaux genres tels que l’Indie Rock Riff par exemple. Je suis vraiment content que cela ait pu être fait — je pense que c’est très important dans la vie d’un guitariste.

Peux-tu nous parler de l’album de manière globale ?

GET UP & GET GOING est un condensé de roots et de reggae. Je pense qu’il s’inspire avant tout de la musique reggae datant des années 70. C’est aussi un répertoire acoustique dont le ton n’est pas vraiment celui du bonheur et de la joie — comme l’on pourrait s’y attendre quand on écoute un album de reggae. GET UP & GET GOING est plutôt empreint de mélancolie mais aussi d’espoir. Certaines chansons sont tristes, possèdent des paroles tristes qui contrastent avec la rythmique positive que leur procure la guitare. Je pense qu’il s’agit d’un mélange qui fonctionne bien.

Où trouves-tu ton inspiration pour écrire ?

Ça peut vraiment être partout. Je commence toujours avec ma guitare acoustique à jouer quelques notes, puis j’essaie de m’exprimer, tout simplement ! J’utilise les rythmiques du reggae comme base. Je ne peux pas vraiment définir d’où vient mon inspiration, "inspiration is my life" (ndlr, "l’inspiration c’est ma vie").

Et comment s’est passé ta collaboration avec Kiddus I, la légende vivante du reggae ?

Dans un premier temps, je souhaiterais vraiment remercier Kiddus pour avoir participer à mon album ! C’était un réel plaisir ! Nous avions participé à un même projet au Reggae Sun Ska il y a deux ans. Nous travaillions avec Jahcoustix en Allemagne. Et nous avions une semaine pour nous préparer à ce projet. Durant cette période, nous avons vécu dans la même maison, et c’est là que nous sommes devenus amis. Je l’ai donc contacté afin de travailler avec lui. J’ai passé quelques jours à Cologne, il a choisi Tear Down The Walls et c’est ainsi qu’est né notre duo.

Quelle chanson préfères-tu sur ce nouvel album et pourquoi ?

C’est une bonne question ! Je les aime vraiment toutes. Je dirais que ma préférée, en ce moment, c’est Children, Don’t Go Blind, probablement parce qu’Exline Airline et moi avons particulièrement travaillé sur cette chanson.

Penses-tu avoir changé au cours des années ?

Peut-être un peu. J’ai voulu montrer à mon public ce que l’acoustique apporte de plus à mes chansons, leur montrer comment celles-ci étaient lors de leur création, comme lorsque j’ai composé Get up and get going ou encore Faith. Ma guitare acoustique uniquement accompagnée de quelques éléments se suffit à elle-même : l’intérêt est d’avoir un rendu minimaliste. J’ai toujours fonctionné comme ça d’ailleurs : il existe des versions acoustiques des chansons figurant sur THE CHANGE IS NICE ou sur ONE MOMENT IN PEACE. Je ne les avais jamais montrées aux gens. Je sens qu’aujourd’hui, il est temps de laisser apparaître cette facette de moi.

Dans la "vraie vie", quel genre de personne es-tu ?

Je suis sensible et je suis compliqué ! Mais je sais parfaitement ce que je veux. Et durant la période pendant laquelle je ne composais plus trop de chansons, j’ai appris à me connaître, et j’ai compris qu’il fallait que je retourne sur le devant de la scène. J’en suis finalement devenu accro et j’ai vraiment hâte de reprendre les lives. C’est mon principal objectif.

Le mot de la fin ?

Aux personnes qui ont aimé les deux premiers albums, j’espère que vous apprécierez GET UP & GET GOING, qui lui possède des sonorités vraiment acoustiques. Je ne veux absolument pas perdre de fans, je veux toucher un plus large public : je veux plus de fans ! Plus sérieusement, je pense que vous allez adorer !

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