Il y a 50 ans, Martin Luther King, le rêve de toute une nation…

Martin Luther King
© Commons Wikimedia

Le 4 avril 1968, Martin Luther King est cruellement assassiné à son motel. Il menait alors une lutte pour une augmentation de 10 cents des salaires des éboueurs. Ses efforts faisaient partie d’une initiative plus large et plus soutenue connue sous le nom de Poor People’s Campaign, la « Campagne des Pauvres ».

Si beaucoup de médias saluent aujourd’hui sa mémoire, c’est avant tout parce que ce militant américain a été confronté a de nombreux défis qui sont malheureusement encore bien ancrés aux États-Unis. Si aujourd’hui ses paroles résonnent encore, c’est parce que ce pays reste profondément divisé sur les questions de race et de classe sociale.

But on the 50th anniversary of his death, it is worth noting how his message and his priorities had evolved by the time he was shot on that balcony at the Lorraine Motel in Memphis in 1968. Dr. King was confronting many challenges that remain with us today.

He was battling racism in the North then, not just in the South. He was pushing the government to address poverty, income inequality, structural racism and segregation in cities like Boston and Chicago. He was also calling for an end to a war that was draining the national treasury of funds needed to finance a progressive domestic agenda.

Rachel L. Swarns pour le New York Times

Martin Luther King s’était en outre engagé à mener une marche à Washington DC dans le but d’éliminer la pauvreté. Ce combat est toujours à l’ordre du jour, car cette pauvreté demeure bien présente sur le territoire américain. Aujourd’hui, au moins 1.5 million de ménages aux États-Unis (comprenant environ 3 millions d’enfants) survivent avec des revenus en espèces ne dépassant pas 2 dollars par jour. Un rapport des Nations Unies publié en 2017 a révélé que les taux de mortalité infantile aux États-Unis étaient les plus élevés du monde développé. Les enfants représentent à eux seuls 32,6% de toutes les personnes vivant dans la pauvreté.

Hommages et manifestations

Aujourd’hui, de nombreux hommages sont rendus dans le monde entier au combat qu’a mené Martin Luther King.

‘I Have a dream’ récité par des élèves américains

Pour commémorer l’anniversaire tragique de sa mort, The Guardian a demandé à neuf élèves de l’ancienne école d’Atlanta de Martin Luther King, the Booker T. Washington High School, de réciter le fameux discours prononcé par le leader des droits civiques lors de la Marche pour l’Emploi et la Liberté de Washington en 1963, « I Have A Dream ».

Ces adolescents reprennent les mots de Martin Luther King de la plus belle des manières. « I have a dream that one day my four little children will live in a nation where they will not be judged by the color of their skin but by the content of their character. »

L’Afrique commémore aussi la mort de Martin Luther King

Martin Luther King visite le Ghana suite au fameux boycott des transports publics de Montgomery (Alabama) en 1955, lorsque pour la première fois les populations des États du Sud des États-Unis se sont pacifiquement rebellées contre le système de discrimination blanc. Lors de sa visite au Ghana en mars 1957, King a reconnu un fort parallèle entre la résistance contre le colonialisme européen en Afrique et la lutte contre le racisme aux États-Unis. Il participe à la cérémonie d’indépendance du Ghana.

Par ces similitudes notamment liées à la ségrégation, les nations d’Afrique tiennent également à se rappeler de la vie de Martin Luther King et lui rendre hommage. En guise d’illustration, une école nommée d’après King à Kampala, la capitale de l’Ouganda, a pris comme devise la réplique célèbre « I Have a dream ». Le fondateur de cette école, Robert Mpala, déclare « Martin Luther King stood for human rights and equality, so we wanted a way of inspiring and motivating our students ».

‘I’ve been to the Mountaintop’ diffusé à Manhattan

Un hommage spécial s’est tenu à Manhattan hier soir pour marquer le cinquantième anniversaire du dernier discours de Martin Luther King. Une centaine de personnes se sont rassemblées au Washington Square Park pour écouter l’audio de cette déclaration. I’ve been to the Moutaintop y a été joué dans son intégralité.

Le discours, dans sa globalité, concerne principalement la grève de l’assainissement de Memphis. King appelle à l’unité, à des actions économiques, à des boycotts et à des manifestations non-violentes, tout en défiant les Etats-Unis de se montrer à la hauteur de leurs idéaux. À la fin de celui-ci, il évoque la possibilité d’une mort prématurée.

Une carte interactive des rues portant le nom de Martin Luther King

National Geographic nous propose de parcourir l’ensemble des rues nommées d’après Martin Luther King dans le monde. Ainsi, une carte met en évidence ces avenues en Amérique du Nord, sur le bassin Caribéen, en Amérique du Sud, en Europe et en Afrique.

Aux Antilles, on recense donc une rue Martin Luther King à Haïti, deux à Porto Rico, un peu moins d’une dizaine en Guadeloupe (aussi bien sur Basse-Terre, sur Grande-Terre qu’à Marie-Galante), au moins trois en Martinique (à Fort-de-France, au Vauclin et au Lamentin), et deux à Ste-Lucie.

Une exposition à la bibliothèque de Lyon

À Lyon, une exposition du nom de Martin Luther King, le rêve brisé ? est organisée depuis le 6 février et durera jusqu’au 16 mai à la bibliothèque municipale de la ville. Elle retrace le parcours de la vie du militant américain.

Une conférence débat intitulée 50 ans après, quelle postérité pour Martin Luther King ? Rêve brisé ou rêve en marche ? a lieu aujourd’hui, 4 avril 2018, entre 14h et 17h30 au sein de l’établissement. Elle a pour but d’étudier les avancées qu’il y a eu ces cinquantes dernières années sur le projet de rêve du pasteur américain. La ségrégation raciale n’existe plus, mais qu’en est-il réellement du quotidien des américains ? C’est une étude sur les violences raciales et les discriminations sociales.

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