Fille d’immigrés sri-lankais, Yosha Gunasekera se souvient qu’ayant grandi dans l’Ohio, elle « considérait l’avocat de la défense pénale comme un personnage louche luttant du côté du mal ». Un stage universitaire dans un bureau de défenseur public a changé sa perspective et Gunasekera a finalement travaillé comme défenseur public à Manhattan pendant six ans, représentant des clients accusés de tout, des délits aux fusillades entre gangs. En 2021, elle rejoint le projet Innocence, qui vise à libérer les prisonniers condamnés à tort. « Un de nos clients vient de sortir de prison la semaine dernière après avoir purgé 22 ans de prison pour un crime fondé sur les preuves les plus fragiles », dit-elle.
Gunasekera, qui co-enseigne un cours sur les condamnations injustifiées à l’Université de Princeton cet automne, affirme que « les tribunaux ne veulent pas que les gens remettent en question le système », ajoutant : « J’étais très curieux à ce sujet sur le plan intellectuel. » Cette curiosité l’a poussée à écrire Le taxi de minuit (Berkley, février), qui s’appuie sur ses vastes connaissances juridiques pour une sorte de mystère fermé à clé. Tard dans la nuit, Siriwathi, une Américaine sri lankaise qui a mis de côté ses ambitions juridiques pour conduire le taxi de son père malade, prend un billet pour l’aéroport Kennedy, pour découvrir à son arrivée que son passager a été mortellement poignardé en cours de route. Arrêtée pour le meurtre et avec son visage éclaboussé sur le Poste de New York (« meurtrier sadique en taxi »), Siriwathi se tourne vers le billet qu’elle a ramassé juste avant la victime, un défenseur public nommé Amaya, pour l’aider à blanchir son nom.
En écrivant le roman, Gunasekera voulait transmettre, comme le dit Siriwathi, « le décalage entre le fonctionnement réel du système juridique et la façon dont je l’ai vu présenté ». Le message est délivré avec une dose d’humour bienvenue, l’enquête de Siri et Amaya à travers l’arrondissement produisant des moments d’émotion. Seulement des meurtres dans les bâtiments–style folie. Gunasekera mentionne Mon cousin Vinnyun de ses films préférés qui, comme son livre, utilise un ton léger pour dépeindre un système biaisé. Lorsqu’elle a commencé à enseigner cet automne, elle a appris que ses élèves de Princeton ne l’avaient pas vu. «Je les ai forcés à le regarder», rit-elle. « C’est un visionnement essentiel. »
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Une version de cet article est parue dans le numéro du 01/05/2026 de Éditeurs hebdomadaire sous le titre : Yosha Gunasekera