Harlequin France va tester la traduction assistée par l’IA

Après qu’un communiqué de presse de l’Association des traducteurs littéraires français (ATLF) et du collectif En Chair et en Os ait affirmé que la division française d’Harlequin rompait ses contrats avec des traducteurs et sous-traitait la traduction à l’agence de communication bordelaise Fluent Planet, HarperCollins France a confirmé, dans un communiqué à PWqu’il « mène des tests » avec Fluent Planet, qui, selon l’éditeur, « fait appel à des traducteurs expérimentés qui utilisent des outils d’intelligence artificielle pour une partie de leur travail ».

HarperCollins France a noté qu ‘«aucune collection Harlequin n’a été traduite uniquement à l’aide d’une traduction automatique générée par l’intelligence artificielle».

Selon le communiqué de l’ATLF et d’In the Flesh, le processus de traduction de Fluent Planet implique de passer les textes dans un logiciel de « traduction automatique » et de recruter des pigistes pour post-éditer le résultat machine en français. « L’objectif affiché est d’augmenter la rentabilité en réduisant le temps de travail », précise le communiqué.

HarperCollins France a souligné la baisse des ventes dans son communiqué sur son partenariat avec Fluent Planet. « Les ventes de nos collections Harlequin sont en baisse sur le marché français ces dernières années », indique l’éditeur. « Nous souhaitons continuer à proposer aux lecteurs un maximum de publications au prix public très bas actuel, qui est de 4,99 € pour la série Azur par exemple. »

Cette décision fait suite à des annonces similaires faites par plusieurs éditeurs, dont la société britannique Taylor & Francis. Cette tendance a également été exploitée par des start-ups telles que GlobeScribe et Ailaysa, qui ciblent toutes deux les langues de backlist et « à faibles ressources ».

L’ATLF et In the Flesh ont fermement condamné cette décision dans leur publication conjointe. « Travailleurs du livre, directeurs de publication, lecteurs : nous ne devons pas accepter que la ‘traduction automatique’ mette le pied dans la porte des éditeurs », ont déclaré les organisations. « Nous devons réaffirmer notre attachement inconditionnel aux textes humains créés par des humains dans des conditions de travail dignes. »